Ces photos de fillettes voilées en compagnie du gouverneur de Kébili provoquent un tollé, une association des droits de l'Enfant dénonce

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Vendredi, en marge de la célébration de la fête du Mouled, des photos du gouverneur de Kébili Sami Ghabi remettant des diplômes à des fillettes voilées a fait réagir les réseaux sociaux. En effet, de nombreux internautes lui reprochent de ne pas avoir réagi face à ce que nombreux d'entre eux ont vu comme une violation des droits de l'enfants.


"(...) Un État dans l'État. La production de générations futures comme en avait parlé Mourou. Vous devriez avoir honte(...)"


Selon le gouverneur de Kébili, les familles ont loué ces tenues pour les fillettes afin de respecter le caractère sacré de le Mosquée...Depuis quand le voile est exigé pour les jeunes filles dans les mosquées? (...) Et si c'était normal, pourquoi avoir supprimé les images du site web du gouvernorat? ...Et depuis quand loue-t-on ce genre de vêtements aux enfants? Veux-tu nous faire croire que c'est quelque chose de normal? (...)


"(...) Sauvez leur enfance" clame cette internaute

Le gouverneur de Kébili réagit

Face au tollé provoqué par ces photos, qui ont été supprimées des pages officielles sur les réseaux sociaux du gouvernorat de Kébili, le gouverneur s'est défendu sur le site d'Akher Khabar Online.

Selon lui, ces photos sont issues d'une cérémonie organisée par la direction régionale des Affaires religieuses à la Mosquée Ibn Walid en marge de la célébration du Mouled.

Concernant le tollé provoqué par les photos de ces fillettes voilées, il affirme que ces tenues ont été louées pour une heure de temps par les parents de ces enfants afin de respecter la sacralité de la mosquée. Cela est aussi dû à la nature conservatrice des parents mais aussi de la spécificité de la région.

Quant à son retrait des réseaux sociaux, le gouverneur de Kébili Sami Ghabi, a indiqué que cela a été fait afin d'éviter les nombreuses interprétations dont elle a été sujette.

Une enfance menacée

Réagissant à cette affaire, Moez Chérif, président de l'Association Tunisienne des Droits de l'Enfant, met en garde contre les violations des droits de l'enfant: "Ces enfants sont menacés car ils sont manipulés, objets d'un embrigadement wahhabiste, au moment même où le pays qui exportent ce courant religieux y renonce", dénonce-t-il au HuffPost Tunisie., en signalant le fait qu'un représentant de l'Etat, en l'occurrence le gouverneur cautionne par son inaction une telle "transgression des lois et de la Constitution".

Le responsable associatif indique qu'au-delà de ce cas d'espèce, ce phénomène existe dans beaucoup d'établissements éducatifs en Tunisie: "Il faut préciser qu'on ne parle pas de choix de parents mais d'une démarche prise par de nombreux établissements, notamment les écoles coraniques où 12 000 enfants tunisiens y sont inscrits. Ceci constitue une violation flagrante de loi régissant les jardins d'enfants et du principe de neutralité des institutions éducatives et ses représentants consacré dans la Constitution".

Moez Chérif révèle que la société civile a mis en garde le ministère de la Femme, de la Famille et de l'Enfance, le ministère de l'Éducation et les délégués de l'Enfance contre de tels agissements mais en vain. "Ils nous disent qu'ils n'ont pas assez de moyens pour contrôler et imposer la loi dans les établissements éducatifs, ce qui est inacceptable", a-t-il ajouté.

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