"Hirak de l'eau": Les mineurs écopent de deux mois de prison ferme à Zagora

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ZAGORA
AMDH-Zagora
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VERDICT - Inattendu. Un groupe de 8 mineurs, poursuivis en état de liberté provisoire, suite aux manifestations pour le droit à l’eau en octobre dernier à Zagora, ont été officiellement inculpés. Ils ont été condamnés, jeudi dernier, par le tribunal de première instance de la même ville à deux mois de prison ferme. "Nous ne nous attendions pas à ce verdit, d’autant qu’ils n’ont pas été mis en détention. Nous avions estimé que leur acquittement était devenu presque acquis", déclare au HuffPost Maroc Atmane Rizkou, le président de la section locale de l’Association marocaine des droits Humains (AMDH-Zagora).

Un verdict "incompréhensible" car, selon ce militant, il intervient quelques jours après l’acquittement de deux mineurs, poursuivis dans le même cadre par la Chambre criminelle près la Cour d’appel de Ouarzazate. Cette dernière avait décidé de disculper les deux mineurs faisant partie d’un groupe de 7 personnes. 4 d'entre elles ont été condamnées à quatre mois de prison ferme et une seule à douze mois de prison, dont trois ferme. Une peine assortie d’une amende de 500 dirhams pour chacun.

"Nous avions cru alors que le tribunal de première instance de Zagora allait tout simplement faire de même et acquitter les mineurs", affirme Atmane Rizkou, soulignant que l’AMDH a protesté auprès du président du tribunal de première instance de Zagora. "Nous lui avons fait part de notre incompréhension de cette condamnation. Il nous a répondu que cela relevait uniquement du pouvoir discrétionnaire du juge".

L’AMDH, qui apporte son soutien aux familles, dit attendre que ce verdict soit annulé (pour les mineurs) par la Cour d’appel. "La date de la première audience n’a pas encore été fixée, car le verdict est tombé à la veille de l'Aïd Al Mawlid, mais nous espérons que l’appel sortira ces mineurs de prison", confie Atmane Rizkou.

Espoir nourri également par la clémence dont a fait preuve la Cour d’appel dans l’affaire des 8 manifestants condamnés le 31 octobre par le tribunal de première instance de Zagora. Le verdict prononcé par ce dernier impliquait des peines de deux à quatre mois de prison ferme assorties d’une amende de 2.000 dirhams pour 4 d’entre eux, et 1.000 dirhams pour les 4 autres. "En appel, toutes les amendes ont été annulées et les peines de prisons limitées à 2 mois de prison ferme pour tous les prévenus", indique le militant, annonçant que la durée de leurs peines arrive à terme le 7 décembre prochain. "Nous allons les accueillir et fêter la fin de cette épreuve qu’ils ont traversé".

Reconnus coupables de rassemblement non autorisé, atteinte à la dignité de fonctionnaires publics et vandalisme, ces 8 jeunes, qui seront bientôt libres, ont été représentés par 16 avocats mandatés par 102 autres, pour assurer leur défense.

À Zagora, le stress hydrique a légitimé une colère populaire qui s’est exprimée par des manifestations observées les 24 septembre, 8 octobre et 15 octobre dernier. Des protestations couronnées, le 29 octobre, par une caravane de solidarité qui s’est tenue à Zagora.
Une commission interministérielle pour régler le problème de l'eau a été constituée suite au conseil des ministres du 2 octobre. La secrétaire d’État chargée de l’Eau, Charafat Afailal, a aussi effectué une visite à Zagora et à la province voisine, Tata, les 25 et 26 octobre, pour assurer le suivi des projets hydriques.

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