Agression en bande, armée de barres de fer, contre des étudiants de Bab Ezzouar

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Les étudiants de l’université de Bab Ezzouar qui rentraient chez eux hier soir à Ain Benian à bord du bus de transport universitaire (COUS) ont été victimes d’un guet-apens au milieu de l’autoroute et d’agressions violentes à coups de barres de fer.

Ce qui avait commencé en fin d’après-midi par sembler n’être qu’une altercation passagère entre des étudiants de l’Université de Bab Ezzouar et un chauffeur du transport estudiantin (COUS) a fini par prendre des proportions très graves hier soir à Alger.

“Il pleuvait très fort hier en fin d’après-midi et le bus qui devait ramener à 18heures les étudiants qui habitent à Ain Benian a fait du retard”, raconte Ishak, 21 ans, étudiant en première année en sciences et technologie, “ les étudiants trempés se sont énervés à l’arrivée du bus et le chauffeur a interpellé l’un des étudiants qui se plaignaient en lui disant ‘viens m’en parler dehors’”.

S’en est suivie une bagarre physique en dehors du bus entre le chauffeur et l’étudiant, qui ont finalement été séparés.

Lorsque le “calme est revenu” et que les étudiants qui se rendaient à leur domicile à Ain Benian ont voulu monter à bord de leur bus habituel, le chauffeur les a sommés de monter à bord d’un autre bus, celui transportant les étudiants qui habitent Douera, dit encore Ihsak : “les chauffeurs de COUS ont dit aux étudiants de Douera d’échanger le bus avec les étudiants de Ain Benian, donc nous sommes montés avec un autre chauffeur”, une mesure que tout le monde avait considérée comme une initiative pour calmer les esprits.

En route donc, à une heure inhabituellement tardive à cause de la bagarre, les étudiants ont été surpris de voir leur bus soudainement s’arrêter, vers 19h30, au bord de l’autoroute du côté de Baba Hassen: “Un autre bus du COUS était stationné au bord de l’autoroute et le bus dans lequel nous nous trouvions est allé s’arrêter derrière”, poursuit Ishak, “le chauffeur de COUS qui s’était bagarré à Bab Ezzouar est sorti de l’autre bus avec quatre agents de la faculté et un contrôleur, ils avaient des bâtons et des barres en fer, l’un d’entre eux avait un tournevis. Le chauffeur qui nous transportait leur a ouvert la porte pour qu’ils pénètrent dans notre bus mais il s’est abstenu de participer à l’attaque”.

La bande s’est donc attaquée aux étudiants à l’intérieur du bus: “ils ont cassé le nez d’un étudiant, frappé un autre avec une barre de fer au visage et un troisième a reçu un violent coup à la tête, un autre étudiant qui leur demandait de cesser leurs obscénités s’est fait tordre le poignet”, raconte Ihsak sous le coup du choc.

Une vidéo de la cohue et la panique que l’attaque a suscitée dans le bus a été filmée par une étudiante alors que d’autres étudiantes, explique encore Ishak se sont évanouies.

Ishak affirme qu’une fois leur mission punitive accomplie, les agents ont sommé les étudiants de reprendre place et leur chauffeur de les ramener à Ain Benian.

La police a été appelée par les étudiants lorsqu’ils étaient encore dans le bus et des policiers se sont déplacés pour leur parler à leur arrivée à la station de Ain Benian. “Avant d’arriver à destination, la panique était énorme parmi les étudiants qui avaient peur que de nouveaux raids punitifs surviennent tout au long du chemin, lorsqu’on a fini par arriver la police nous a demandé d’aller au poste pour relater les événements mais ensuite ils nous ont dit qu’ils n’étaient pas compétents pour se saisir de l’affaire qui était du ressort territorial de la police de Baba Hassen”.

Ishak qui affirme encore n’avoir jamais vu de tels comportements ou une telle animosité entre étudiants et chauffeurs du COUS dit qu’il n’arrive pas “à croire ce qui s’est passé, ils ont voulu nous terroriser, ils ont tabassé les étudiants, les filles criaient et tombaient évanouies, tout cela au milieu de nulle part au bord de l’autoroute en pleine nuit”.

Les étudiants ont également commencé à faire circuler une pétition pour interpeller l’administration de l’université pour qu’elle prenne des mesures contre les agresseurs qui font partie du personnel de l’université.

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