Selon Moncef Marzouki, le conseil de sécurité nationale serait un gouvernement parallèle pour contrecarrer Youssef Chahed

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MONCEF MARZOUKI
Former interim Tunisian president Moncef Marzouki speaks during a joint press conference with a Yemeni journalist and Nobel Peace Prize laureate at the UN headquarters in Geneva on March 2, 2017. / AFP PHOTO / PHILIPPE DESMAZES (Photo credit should read PHILIPPE DESMAZES/AFP/Getty Images) | PHILIPPE DESMAZES via Getty Images
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“Le conseil de sécurité nationale est devenu un gouvernement parallèle chargé de couper l’herbe sous les pieds du chef du gouvernement, Youssef Chahed” a déclaré le président du parti Harak Tounes Al Irada, Moncef Marzouki, lors d'un meeting partisan tenu dimanche à Bizerte.

Marzouki a estimé que la décision du président de la République, Béji Caïd Essebsi, d'élargir les prérogatives du Conseil vise à contrecarrer Chahed et l’empêcher de se présenter aux présidentielles 2019. Selon lui, le conflit entre la présidence de la République et la présidence du Gouvernement pour le pouvoir est "visible".

Il a affirmé que le manque d'harmonisation entre les deux têtes de l’exécutif est de nature à approfondir la crise actuelle et à compliquer davantage la situation."Si cette crise persiste, nous nous retrouverons face à une véritable catastrophe" a-t-il poursuivi en arguant que ce qui sont au pouvoir tentent par tous les moyens d'empêcher à ce que les prochaines élections soient transparentes et de recopier le scénario des élections de 2014.

Il a d'ailleurs, regretté le différend qui oppose les deux têtes de l'exécutif et a souligné la nécessité d'orchestrer leurs actions au cours des deux prochaines années qui restent de leur mandat. Pour Marzouki, "la démocratie a déraillé et il est nécessaire de la récupérer".

Le président du parti Harak Tounes Al Irada a affirmé que “l’année 2017, n’a pas été celle du décollage économique, comme l’a déclaré le président de la République”, considérant plutôt qu’elle a été “l’année de la hausse des prix”.

Il a souligné, d'autre part, “l’absence des réformes nécessaires au cours des trois dernières années”, tout en estimant “que la crise va s’aggraver au cours des deux prochaines années”.

D’après lui, “la Tunisie est confrontée à trois graves crises, la première étant politique entre les présidences de la République et du Gouvernement, à propos des élections présidentielles de 2019”. Les autres étant économique et morale.

À ses yeux, la résolution des problèmes passe par la décentralisation. À cet effet, il a appelé ses partisans et les partis démocratiques, à participer aux prochaines élections municipales, afin de mettre la démocratie "sur de bons rails".

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