Le président sud-africain est convaincu de l'importance des relations entre le Maroc et l'Afrique du Sud

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MAROCAFRIQUE DU SUD
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DIPLOMATIE - Le président sud-africain, Jacob Zuma, est convaincu de l’importance de renforcer les relations avec le Maroc, "un pays africain qui avait accordé un précieux soutien à la lutte du peuple sud-africain contre le régime de l’apartheid".

Dans une interview accordée au quotidien sud-africain News24, relayée par la MAP, le président sud-africain déclare que "le Maroc est un pays africain avec lequel nous avons besoin d’avoir des relations".

En effet, mercredi dernier à Abidjan, en marge de la participation du roi Mohammed VI aux travaux du 5e Sommet de l'Union Africaine-Union Européenne, le souverain s’est entretenu avec le président sud-africain Jacob Zuma. L’entretien, qualifié de "chaleureux et empreint de franchise et de bonne entente", a scellé la volonté des deux chefs d’Etat de travailler ensemble pour "se projeter dans un avenir prometteur". Les deux pays représentent deux pôles importants de stabilité politique et de développement économique, respectivement à l’extrême nord et l’extrême sud du continent.

Et afin de concrétiser leur volonté, ils ont donc convenu de maintenir un contact direct et de se lancer dans un partenariat économique et politique fécond. Objectif : construire des relations fortes, pérennes et stables et dépasser ainsi l’état qui caractérisait les relations bilatérales durant des décennies.

A ce propos, le roi et le président Zuma ont décidé que le cadre de la représentation diplomatique sera relevé par la désignation d’ambassadeurs de haut niveau à Rabat comme à Pretoria.

Ce sera le premier signe de ce rapprochement entre les deux pays. "Nous n’avons jamais eu de problème avec le Maroc", a tenu à souligner le président sud-africain, dans son interview, rappelant le soutien apporté par le royaume au peuple sud-africain durant sa lutte pour la libération du régime de la ségrégation raciale.

Le Maroc a été l’un des pays où l’ancien président Nelson Mandela s’était rendu pour chercher un expérience militaire au début des années 1960 et pour former les militants d’Umkhonto we Sizwe (NDLR: l’aile armée du parti de l’African National Congress (ANC), a rappelé M. Zuma. Et d’ajouter que les Marocains "nous ont beaucoup aidé".

"C’est pour ces raisons que Mandela a senti, après sa remise en liberté (en 1990), qu’il était nécessaire de se rendre au Maroc pour remercier les Marocains", a affirmé le président Zuma.

Les Relations entre le Maroc et l'Afrique du Sud sont donc appelées à connaitre un nouvel élan. Et c’est la chaîne allemande Deutsche Welle qui le met en évidence sur son site à travers un article intitulé "Maroc : une percée tranquille dans la forteresse sud-africaine", relayé par la MAP. Le média allemand estime, dans ce dernier, que le réchauffement des relations bilatérale entre les deux pays s’inscrit dans le cadre de la nouvelle politique africaine adoptée par le royaume ces dernières années.
La chaîne allemande affirme que l’Afrique du Sud, en tant que grande puissance régionale, a aussi pris conscience du rôle prépondérant que le royaume du Maroc joue au sein de l’UA.

Pour la chaîne, les legs culturels et les fondements qui étaient à la base des liens entre le Maroc et l’Afrique du Sud devraient leur permettre de dynamiser leurs relations. "L’Afrique du sud est historiquement redevable au Maroc, l’un des rares pays qui ont soutenu le Congrès national africain (ANC) et les mouvements de libération lors de la période de l’apartheid, ce qui explique d’ailleurs les bonnes relations que les deux pays entretenaient durant la période du leader africain Nelson Mandela".

L’auteur de l’article soutient ainsi que le Maroc "a fait d’une pierre deux coups lors du sommet UE-UA à Abidjan en rétablissant ses liens avec l’Afrique du Sud et l’Angola." "Le rôle du Maroc en tant que puissance douce (Soft Power) commence à s’imposer de manière notable depuis le retour du royaume à l’Union africaine après trois décennies de boycott et de politique de chaise vide", déduit l’auteur de l’article.

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