Écoutez ce morceau composé par Stromae et une intelligence artificielle

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STROMAE
Benoit Tessier / Reuters
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MUSIQUE - Spotify a annoncé ce vendredi 1er décembre la sortie des deux premiers morceaux d'un album de musique composé par plusieurs artistes, dont le Belge Stromae avec l'aide de technologies d'intelligence artificielle, ce qui constitue une première mondiale, selon la plateforme suédoise.

Cet album, appelé "Hello World", et produit par le label indépendant Flow Records, est l'aboutissement d'un projet de recherche scientifique baptisé "Flow Machines", a expliqué à l'AFP François Pachet, ancien directeur du Computer science laboratory (CSL) de Sony, et qui a rejoint Spotify l'an dernier.

Si des morceaux de style expérimental ont déjà été réalisés à l'aide d'ordinateurs, la sortie d'un album de musique "mainstream" (pop, électro, jazz...) créé par des artistes avec l'aide d'une intelligence artificielle, est une première mondiale, dit-il.

Hello Shadow

L'un des deux titres dévoilés ce vendredi est "Hello Shadow", un morceau au rythme dance co-composée par Stromae et interprétée par la chanteuse canadienne Kiesza.

L'intelligence artificielle a permis aux artistes sollicités de générer tantôt des mélodies ou des harmonies, ou des voix, à partir de morceaux ou d'extraits musicaux qu'ils soumettaient à des logiciels. Ils pouvaient ensuite utiliser les éléments obtenus, les modifier ou les abandonner au gré de leur processus créatif.

"Il ne s'agissait pas du tout de cantonner les artistes dans un rôle de spectateur", mais "de voir comment on peut faire des outils qui les aident, en les poussant à faire des choses nouvelles et différentes", assure François Pachet.

Le second morceau, "In the House of Poetry" est disponible uniquement sur spotify.

Un premier morceau inspiré des Beatles

Le chercheur et informaticien a lancé Flow Machines au sein du CSL et de l'Université Pierre et Marie Curie, à Paris, en visant au départ à "développer des technologies d'intelligence pour comprendre la notion de style dans des oeuvres". Puis son équipe de Flow Machines a voulu mettre ces technologies entre les mains d'artistes professionnels.

L'an dernier, les chercheurs ont mis en ligne un premier morceau (Daddy's car), qui s'inspirait des Beatles. Le compositeur a alors seulement eu à choisir un style (ici, les Beatles) et a laissé l'intelligence artificielle faire son travail. Notamment en s'appuyant sur toutes les chansons des Beatles qu'elle a pu analyser, grâce à des systèmes de machine et de deep learning, qui permettent à l'algorithme "d'apprendre" par l'exemple.

Le compositeur a ensuite rajouté quelques accompagnements à l'aide d'un autre logiciel, appelé Rechord. Ne restait plus alors qu'à arranger le tout (encore une fois, aidé par un logiciel qui réalise une partie du mix) et rajouter les paroles.

Ensuite, Flow Machines s'est donnée pour défi de créer un album entier et de le commercialiser.

Alliance entre humain et machine

Pour François Pachet, "de la même manière que le synthétiseur a révolutionné la musique dans les années 80", l'utilisation de l'intelligence artificielle "est la prochaine étape dans l'évolution des outils d'aide à la création musicale, et va "produire des environnements très nouveaux et stimulants".

Pour cet album, Benoit Carré alias Skygge, membre de l'équipe et ancien du groupe Lilicub, a choisi les artistes et collaboré à plusieurs des titres.

L'album sera distribué sur les principales plateformes en ligne et en cas de succès, peut-être sous forme de vinyle, espère François Pachet.

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