VIH-La discrimination des personnes LGBTQI, des prostituées...un frein à la prévention, clame la société civile

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Blurry silhouette and shadow of a woman entering the building and two men behind her, from waist down, in the alley in the night in city centre | AlexLinch via Getty Images
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À l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre le VIH/SIDA, célébrée chaque 1er décembre, 28 ONG tunisiennes qui forment le Collectif pour les libertés individuelles ont publié un communiqué virulent pour dénoncer les défaillances de la prévention et de la prise en charge des personnes vivant avec le VIH en Tunisie.

Le Collectif fustige les discriminations auxquelles font face cette population vulnérable. Cette discrimination est double car elle concerne le ciblage de la population à risque et la prise en charge globale des malades.

Le communiqué évoque la pénalisation des comportements des populations clés, notamment les personnes des communautés LGBTQI ++, les travailleurs et travailleuses du sexe et les usagers de drogues. "Cette pénalisation constitue un frein privant ces populations des bénéfices des services de prévention, de protection et d’accès à la prise en charge nécessaire", déplorent les signataires.

Les ONG pointent du doigt également les discriminations qui persistent envers les personnes vivant avec le VIH en ce qui concerne l'accès à leurs droits fondamentaux comme le droit au travail et à la protection de leur vie privée.

Cette ségrégation, émanant des institutions de l'État, englobe aussi les non-Tunisiens, privés d'accès gratuit aux traitements liés au VIH. Il s'agit notamment des migrants ou des demandeurs d’asile, alertent les signataires.

Face à ce diagnostic alarmant, le Collectif appelle l'État tunisien à agir en urgence pour "généraliser l'accès gratuit au traitement lié au VIH, pour toute personne se trouvant sur le territoire tunisien", "renforcer et généraliser la prise en charge médicale, psychologique, et sociale des personnes vivant avec le VIH et de leurs familles" et "reprendre immédiatement et durablement les campagnes de sensibilisation, d'éducation et de formation en matière de VIH".

Les associations signataires exigent également des réformes législatives profondes en la matière. Ceci passe notamment par l'intégration de l'approche droits-humains et la spécificité des femmes, des enfants, des personnes vivant avec un handicap et des populations clés dans la loi de 1992 relative aux maladies transmissibles. Le Collectif revendique la dépénalisation aussi des populations clés y compris les personnes LGBTQI++, les travailleurs et les travailleuses du sexe, les usagers de drogues, etc.

À noter que selon les associations travaillant auprès des personnes vivant avec le VIH, les principales populations atteintes sont les homosexuels, ceux qui utilisent des drogues injectables et les travailleurs et travailleuses du sexe, opérant de manière clandestine, avec l'émergence d'une nouvelle population à risque qui sont les mineurs.

L'association Tunisienne de Lutte contre les MST et le SIDA ATL a révélé qu'une moyenne de 130 nouveaux cas par an sont détectés sur les 5 dernières années. Il y a eu 164 nouvelles contaminations en 2016 dont 108 hommes et 56 femmes, et ce, sans compter les cas non-déclarés.

Plus alarmant encore, Bilel Mahjoub, directeur exécutive de ATL MST SIDA, évoque une rupture de stock des préservatifs, premier moyen de prévention contre la contamination par voie sexuelle, et du test de dépistage du VIH au niveau de la pharmacie centrale.

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