Pétrole : l'Opep prolonge ses quotas et garde son allié russe

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OPEC
VIENNA, AUSTRIA - NOVEMBER 30: Secretary General of OPEC, Mohammed Barkindo (R), Russia Energy Minister Alexander Novak (L), Saudi Arabia's Minister of Energy, Industry and Mineral Resources, Khalid Al-Falih (C) hold a joint press conference during the 173rd Ordinary Meeting of the Organisation of Petroleum Exporting Countries (OPEC) in Vienna, Austria on November 30, 2017. (Photo by Omar Marques/Anadolu Agency/Getty Images) | Anadolu Agency via Getty Images
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L'Opep et ses dix partenaires, dont la Russie, ont décidé jeudi de prolonger leurs quotas de production de pétrole jusqu'à fin 2018 pour stabiliser le redressement des prix, surmontant les tensions politiques au Moyen-Orient et les réticences de Moscou.

"Tous les pays, membres de l'Opep ou non, ont parlé d'un commun accord pour prolonger la limitation de la production", a affirmé Alexandre Novak, le ministre russe de l'Energie à l'issue de longues négociations à Vienne.

Vingt-quatre pays, comptant pour quelque 60% de l'offre mondiale, vont donc continuer à tailler dans leur production à hauteur de 1,8 million de barils par jour au total, comme ils s'y efforcent depuis leur pacte inédit passé il y a un an.

Preuve de l'importance qu'elle attache à sa position au Moyen-Orient, la Russie a décidé de s'aligner sur la position de l'Arabie saoudite, le premier exportateur mondial de pétrole.

Ces deux pays se sont rapprochés ces derniers mois. Le roi Salmane d'Arabie saoudite s'est rendu en octobre à Moscou, une première, où d'importants accords militaires et économiques ont été scellés.

La reconduction du soutien russe n'était pourtant pas acquise, les entreprises nationales étant tentées de profiter du rétablissement des cours pour relancer leurs extractions.

"C'est comme toutes les bonnes relations, nous débattons. Il faut admettre que la Russie est un pays différent de l'Arabie saoudite", a reconnu le ministre saoudien, Khaled al-Faleh.

- Ryad moteur de l'accord -

L'Arabie saoudite a également pu faire prévaloir sa position au sein même de l'Opep, en dépit des frictions politiques au Moyen-Orient, notamment entre Ryad et Téhéran, tandis que le Qatar est toujours soumis à un blocus de ses voisins arabes.

Ryad jugeait crucial de prolonger l'accord de limitation de production qui a permis une remontée des prix du brut et a renfloué les caisses de la pétromonarchie saignées par l'effondrement des cours entre 2014 et 2016, en raison d'une surabondance de l'offre.

Ce succès avait été possible car l'Opep avait convaincu dix pays extérieurs au cartel de se joindre au plafonnement.

Le prince héritier Mohammed ben Salmane, le nouvel homme fort de l'Arabie saoudite, ne peut se permettre de voir les cours flancher à nouveau s'il veut mener à bien ses projets de réforme, estiment les analystes.

Le baril de Brent, qui fait référence en dehors des Etats-Unis, évolue désormais au-dessus des 60 dollars, après avoir plongé jusqu'à 26 dollars en février 2016.

Le ministre saoudien a d'ailleurs réaffirmé que son pays était prêt à des efforts supplémentaires si d'autres participants à l'accord manquaient de discipline.

- Les Etats-Unis aux aguets -

Concession à la Russie, le communiqué final souligne que l'accord pourrait être revu à la prochaine réunion, en juin 2018.

"Cette réunion nous donnera l'occasion (...) d'évaluer l'état du marché et de voir s'il reste des choses à faire pour rééquilibrer l'offre et la demande", a dit M. Novak.

Moscou et Ryad jouent une partie serrée face à leurs concurrents américains, non tenus par l'accord et dynamisés par les gisements de pétrole de schiste : ils comptent profiter du redressement des prix pour prendre des parts de marché.

Par ailleurs, la Libye et le Nigeria, initialement exemptées d'une limitation de leur production, vont se joindre à l'effort du groupe.

Ces deux pays ne dépasseront pas leur production maximale de 2017, a assuré le ministre saoudien, affirmant qu'il "n'y aura pas de surprise de surproduction de la part du Nigeria ou de la Libye".

A l'inverse, les difficultés de production du Venezuela, en proie à une grave crise économique et politique, devraient contribuer au rééquilibrage de l'offre.

Les marchés semblent cependant à demi convaincus par ces nouveaux engagements.

Vers 19h15 GMT, le Brent de mer du nord, référence en dehors des Etats-Unis, reculait de cinq cents à 62,48 dollars, effaçant une partie de ses pertes de la séance, tandis que le WTI américain gagnait cinq cents à 57,35 dollars.

"Avec des prix nettement plus haut qu'à leur plus bas de 2016, il y a moins de raisons pour l'Opep et la Russie de respecter l'accord, surtout que les producteurs de schiste américains continuent de gagner des parts de marché", a commenté Fawad Razaqzada, analyste marché chez Forex.com.

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