L'empereur du Japon quittera le trône le 30 avril 2019

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Japan's Emperor Akihito (L), flanked by Empress Michiko, greets guests during the annual autumn garden party at the Akasaka Palace imperial garden in Tokyo, Japan, November 9, 2017. REUTERS/Toru Hanai | Toru Hanai / Reuters
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L'empereur du Japon Akihito se retirera le 30 avril 2019, a déclaré vendredi le Premier ministre Shinzo Abe, annonçant la date de la première abdication impériale dans le pays depuis plus de deux siècles.

M. Abe s'est dit "profondément ému" de cette décision prise à l'issue d'une réunion spéciale du Conseil impérial organisée pour choisir la date d'abdication.

"Le gouvernement fera tous les efforts possibles pour que le peuple japonais puisse célébrer l'abdication de l'empereur et sa succession par le prince héritier", a ajouté M. Abe.

Le fils aîné de l'empereur, le prince Naruhito, âgé actuellement de 57 ans, devrait accéder au trône du Chrysanthème le jour suivant.

Le très populaire empereur Akihito, 83 ans, avait choqué le pays l'an dernier lorsqu'il avait exprimé son désir de se retirer, après un règne de près de trois décennies, invoquant son âge avancé et des problèmes de santé.

Cette annonce surprise avait posé problème, car aucun texte de loi au Japon ne prévoyait le départ en retraite d'un empereur, une fonction censée durer à vie. Le débat sur le principe de succession strictement masculin du trône japonais avait aussi été relancé.

Message de paix

En juin dernier, le Parlement japonais a adopté une loi autorisant Akihito à abdiquer en raison de son âge, dans les trois ans à compter de la promulgation du texte.

Né le 23 décembre 1933, il est le premier empereur à avoir été intronisé sous la Constitution de 1947, dictée par les Etats-Unis après la défaite du Japon lors de la Seconde Guerre mondiale.

La Constitution de 1947 précise qu'il est "le symbole de l'Etat et de l'unité du peuple dont la position découle de la volonté populaire, détentrice du pouvoir souverain".

Les empereurs jouent un très grand rôle dans le culte japonais shinto, à travers divers rites annuels et prières pour la prospérité du pays.

Ce frêle octogénaire à la voix douce, héritier de la plus ancienne famille régnante du monde - dont les racines remontent à plus de 2.600 ans selon la mythologie, au VIIe siècle après J.C. selon les historiens - , s'est efforcé de se rapprocher des citoyens japonais, auprès de la majorité desquels il jouit d'un immense respect.

Le 16 mars 2011, cinq jours après le séisme et le tsunami qui ont dévasté le nord-est du pays, faisant plus de 18.500 morts et disparus et des centaines de milliers de sinistrés, Akihito s'était ainsi adressé directement aux Japonais via la télévision, une première.

Il s'était ultérieurement rendu sur place et tous les Japonais ont en tête des images, impensables du temps des précédents souverains, d'un empereur Akihito et d'une impératrice Michiko à genoux devant les sinistrés dans des refuges, et discutant avec eux avec empathie.

Le 125e empereur du Japon a modernisé par petites touches la fonction, en distillant un message de paix, rejetant le nationalisme de la Seconde Guerre mondiale et se rendant sur les lieux des exactions de l'armée japonaise, de la Chine aux Philippines en passant par les îles de Saïpan et Palaos, accompagné de l'impératrice.

Succession exclusivement masculine

Bien que d'un naturel discret et contraint par ailleurs par la Constitution, Akihito a su pousser les limites lorsqu'il était prince héritier, puis empereur. Il a rencontré Michiko, une roturière, sur un court de tennis et leur mariage en 1959 avait fait sensation dans tout le pays. Il a également laissé entrevoir ses opinions de manière subtile.

En août 2015, il avait exprimé de "profonds remords" pour la Seconde Guerre mondiale, au 70e anniversaire de la capitulation du Japon.

Le manque de jeunes héritiers masculins a fait envisager des changements des règles de succession, dont l'autorisation donnée aux femmes d'accéder au trône, une idée cependant abhorrée par les traditionalistes.

Certains ont souhaité que les femmes épousant des roturiers ne perdent plus, comme c'est la cas actuellement, leur titre et ne soient plus exclues de la famille impériale, de sorte que leurs éventuels fils puissent aussi entrer dans l'ordre de succession.

D'autres prônent un agrandissement de la famille impériale en y ramenant des membres qui en avaient été exclus après-guerre, mais cette option est jugée irréaliste par divers experts.

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