Jean-Yves Charlier, CEO de VEON: Le devenir de l'industrie télécom est dans sa transformation digitale

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Outre la concurrence entre opérateurs mobiles et fixes, l’industrie des télécommunications est confrontée à une baisse des revenus dans son traditionnel secteur, qui est la téléphonie, en grande partie à cause des mutations technologiques apportées par l’Internet.

Ces mutations poussent l’industrie des télécoms à opérer une "métamorphose digitale" pour "contrer les acteurs OTT" (over-the-top), comme Youtube et Netflix, au risque de devenir "un simple fournisseur de services", selon le CEO de VEON, Jean-Yves Charlier, dans un entretien accordé à "Itel.am", un journal électronique consacré aux questions technologiques et de télécommunications.

Le plus grand défi de l’industrie des télécommunications, selon le CEO de VEON, c’est qu’elle a "atteint un niveau de maturité naturel" sans se "réinventer". Ce manque de créativité du secteur a fait que "dans le monde entier, la plupart des marchés ne sont plus en croissance", ajoute-t-il. La solution est de "se concentrer sur la fourniture d'Internet" à un plus grand nombre de consommateurs à travers le monde. "Dans de nombreux marchés où nous opérons aujourd'hui, moins de 50% de la population est connectée à Internet. C'est une grande opportunité si l'industrie peut l'utiliser".

Citant le cas de l’Arménie mais également les "autres parties du monde" où le groupe est présent (VEON détient 49% de Djezzy, ndlr), J-Y Charlier estime qu’il s’agit des "mêmes défis". "Le principal défi pour nous est de nous concentrer sur les services Internet à haut débit pour les clients". "Nous constatons que les revenus des données augmentent de plus de 25% à 30%, de sorte qu'il existe une énorme demande dans le monde pour que les consommateurs se connectent à Internet et utilisent davantage de services numériques".

L’activité de VEO "se concentre sur les nouveaux services numériques", affirme le CEO de VEON qui annonce le lancement "en 2018 de la "plate-forme Internet personnelle" (déjà opérationnelle en Russie, Ukraine, Géorgie, Pakistan et Italie) dans plusieurs autres marchés où active le Groupe. "Nous avons déjà signé des contrats avec plus de 150 grandes marques mondiales qui veulent faire partie de l'application".

Interrogé sur le recours à l'intelligence artificielle et aux solutions blockchain, le CEO affirme que VEON commence "à utiliser ces nouvelles technologies", avec un "intérêt particulier" pour le big data.

Un focus sur la 4G

"Mais au-delà, l'intelligence artificielle sera la clé de l'avenir. Nous serons en mesure de résoudre la plupart des défis et des questions que les utilisateurs peuvent poser directement en ligne sans avoir à appeler les centres d'appels ou à aller dans les magasins. Il va y avoir une transformation profonde et je pense que VEON est l'un des groupes qui investissent le plus dans la transformation numérique dans l'espace télécom".

A propos des projets du groupe dans la 5G, le PDG de VEON affirme que cette technologie "est encore devant nous". "Ce n'est pas encore une réalité. Nous envisageons de lancer un certain nombre d'essais 5G en 2018-2019, une fois que les fabricants d'équipements auront une technologie prête". "Nous ne voyons pas que la 5G sera transformatrice pour l'industrie, car nous devons nous assurer que les réseaux de fibre optique et de 4G couvrent déjà bien les pays où nous opérons" pour " permettre de déployer des services de haute qualité".

Le PDG de VEON affirme les revenus du groupe dans le monde "augmentent de plus de 3% ", car "de plus en plus de clients se connectent à Internet, utilisant davantage de services numériques".

Pour J-Y Charlier, VEON veut être "en concurrence avec les OTT", car "si l'industrie des télécommunications ne se structure pas pour (les) concurrencer, tout ce que nous deviendrons, c'est une simple fourniture de services de données et rien d'autre ".

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