Affaire Elmortada Iamrachen: "Son appartenance au Hirak aurait alourdi sa peine"

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ELMORTADA IAMRACHEN
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PROCÈS - Le Tribunal de Salé en charge des affaires terroristes vient de rendre aujourd’hui son verdict dans l’affaire d’Elmortada Iamrachen. Membre de la mouvance du Hirak rifain, le prévenu a écopé de cinq ans de prison ferme. Il était poursuivi pour "apologie d’organisations terroristes ou d’actes constituant une infraction de terrorisme" et pour "incitation d’autrui à commettre un acte terroriste". Une sentence jugée "sévère" par la défense de Iamrachen.

"Abstraction faite des peines prévues par la loi, le jugement a été sévère. Pour ce genre de poursuites, le juge prononce dans la majorité des cas des peines dépassant rarement une année d’emprisonnement, voire trois ans dans des cas extrêmes", déclare au HuffPost Maroc Me Mohamed Tebbal, avocat de la défense.

Il faut dire que le procès n’a rien de commun et survient dans un contexte marqué par des tensions liées à l’appartenance du prévenu au Hirak du Rif. Ce sont d’ailleurs ces liens qui auraient valu à Elmortada Iamrachen une peine aussi dure. "Je crois fermement que c’est le fait que mon client soit présent, que ce soit à travers les réseaux sociaux ou même personnellement, aux manifestations du Rif qui est derrière une sentence pareille", affirme Me Tebbal.

L’avocat en veut pour preuve les précédents jugements prononcés dans des affaires similaires, mais également la nature des preuves présentées contre son client. "Même les posts publiés sur les réseaux sociaux sur lesquels se sont basés le procureur général et le juge d’instruction pour la poursuite ne sont que les mots d’une personne qui s’exprime normalement. Seuls un ou deux posts ont finalement été utilisés par le procureur général dans son plaidoyer", ajoute-t-il.

Autre fait relevé par Me Tebbal, l’arrestation d’Elmortada Iamrachen juste après le prononcé du jugement, alors que le juge d’instruction avait accepté d’accorder la liberté provisoire au prévenu lors de son procès. "Certes, la Cour peut ordonner l’arrestation immédiate du condamné qui comparaît librement en audience en cas de condamnation à une peine criminelle privative de liberté, mais je ne comprends pas le rétropédalage du procureur général. L’arrestation pourra tout aussi bien se faire après le jugement en appel, pourquoi avoir choisi la première Chambre alors que le procès en est encore à ses premières étapes?", s’interroge l’avocat.

Elmortada Iamrachen, également poursuivi par le Tribunal d’Al Hoceima dans le cadre des manifestations du Rif, fera l'objet d'un autre procès.

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