Projet de loi sur la santé: appel à la révision du service civil et de la gratuité de soins

Publication: Mis à jour:
C9B69406530F5F25D3B61A463851D138
DR
Imprimer

Les syndicats du secteur de la santé ont appelé, mardi à Alger, devant la Commission de la santé, des affaires sociales, du travail et de la formation professionnelle de l'Assemblée populaire nationale (APN), à la révision du service civil, à de la gratuité des soins et à des mesures incitatives pour endiguer le phénomène de la fuite des médecins spécialistes, une véritable saignée dans les établissements hospitaliers publics.

Lors d'une audience qui leur a été consacrée par les membres de la Commission de l'APN, les responsables des syndicats du secteur de la santé ont unanimement souligné la nécessité de la révision de la gratuité des soins dans les établissements publics consacrée par le projet de loi sur la santé.

Le Syndicat national des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires (SNECHU) a plaidé, dans ce sens, pour la mise ne place d'un fichier des malades démunis pouvant bénéficier de la gratuité des soins.

Abordant le service civil imposé aux médecins spécialistes, les représentants des syndicats ont affirmé que ce système "n'a pas résolu le problème pour lequel il a été instauré, à savoir le déficit en encadrement médical au niveau des établissements hospitaliers dans les zones enclavées".

Les syndicats ont proposé à ce sujet une évaluation globale de ce système depuis son entrée en vigueur et une réflexion sur des mesures alternatives, soulignant, à ce propos, que les médecins concernés ne s'opposent à ce dispositif mais exigent la réunion des conditions de travail nécessaires au sein des établissements hospitaliers de leur affectation. Ils proposent également l'encouragement du jumelage entre hôpitaux et la mise en place d'un observatoire national regroupant l'ensemble des secteurs concernés pour la prise en charge de leurs préoccupations.

Concernant les conditions imposées en matière d'exercice des activités complémentaires prévues dans le projet de loi, présenté début novembre par le ministre de la Santé, Mokhtar Hasbellaoui devant les membres de la Commission, la présidente du SNECHU, Wahiba Ouahioune a estimé que ces conditions sont à même de produire une autre saignée dans le secteur de la santé, rappelant que pas moins de 3000 médecins quittaient annuellement le pays pour exercer à l'étranger.

S'agissant de la catégorie des médecins hospitalo-universitaires, leur représentante a appelé à la création d'un organisme dépendant du Premier ministère pour prendre en charge leurs préoccupations à la place des ministères de la Santé et de l'Enseignement supérieur.

Pour sa part, le président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP) a déploré l'exclusion des praticiens publics de l'élaboration du projet de loi sur la Santé, estimant que le texte était "un code pénal bis" du fait de tous les articles prévoyant des poursuites judiciaires à l'encontre des professionnels du secteur.

Il a également critiqué l'absence de rigueur quant à la sanction des auteurs des actes de violence commis au sein des établissements hospitaliers. De même qu'il a critiqué la proposition relative à l'annexion de la sécurité sociale au ministère de la Santé.

Le président du Syndicat national algérien des pharmaciens d'officine (SNAPO), Messaoud Belambri a plaidé, quant à lui, pour la création d'une spécialité d'industrie pharmaceutique et la révision du système de permanence en attribuant des primes et des allocations.

Retrouvez les articles de HuffPost Algérie sur notre page Facebook.

Pour suivre les dernières actualités en direct, cliquez ici.