L'avocat égyptien qui avait qualifié le viol de "devoir national" devant la justice

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NABIH EL WHAHCH
Capture d'écran / Al Asema TV
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JUSTICE - L'avocat égyptien Nabih El-Wahsh qui avait tenu en octobre dernier des propos controversés sur le harcèlement fait aux femmes, fera face à la justice pour une première audience le 2 décembre au tribunal correctionnel de la sûreté de l'Etat.

L'avocat est connu pour ses déclarations dégradantes et ses positions conservatrices sur les femmes. La justice l'accuse d'avoir perturbé la paix civile avec des propos qui incitent à harceler sexuellement les filles et femmes.

Lors d'un talk-show télévisé sur Al-Asema TV, il avait en effet appelé à harceler sexuellement et violer les jeunes femmes qui portent des jeans déchirés qui "exposent leur postérieur", ajoutant très sérieusement que c'est "un devoir national".

Les déclarations d'El-Wahsh ont suscité l'indignation parmi les activistes des droits des femmes et l'opinion public. Suite aux vives réactions, un certain nombre de femmes parlementaires égyptiennes ont appelé le Haut Conseil des médias du pays à prendre des mesures contre les "voix irresponsables" qui rabaissent les femmes égyptiennes à la télévision.

Quelques jours après ses commentaires controversés, El-Wahsh a tenté de se justifier lors d'une émission sur Dream TV, expliquant que ses mots étaient destinés uniquement à "avertir" celles qui portaient des jeans déchirés.

Samedi, le Conseil Supérieur des médias, l'organe gouvernemental chargé de réglementer les contenus diffusés, a interdit à l'avocat d'apparaître à la télévision et dans les médias.

En 2014, des modifications du code pénal égyptien ont criminalisé le harcèlement sexuel et ont prévu des peines pour les auteurs, y compris des peines d'emprisonnement et des amendes. La loi punit dorénavant les agresseurs de peines de prison de trois à sept ans, rapporte le média Ahram, dans un pays où 99,3% des femmes déclarent avoir été victimes de harcèlement sexuel dans l'espace public, d'après un rapport de l'ONU.

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