Des scientifiques ont étudié l'ADN de prétendus yétis, voici leur conclusion

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SCIENCE - Il n'y a pas que les passionnés de mystères, de conspirations et de vallées perdues qui cherchent à dénicher des animaux secrets, cachés. Dans le milieu des croptozoologues, on parle de cryptides. Ainsi, un groupe de scientifiques s'est mis en tête d'analyser l'ADN d'os, de dents, de poils ou encore de peaux de yétis.

Les personnes qui les ont collectés dans la région himalayenne pensent qu'ils appartenaient à l'abominable homme des neiges. Neuf de ces échantillons ont été comparés à une dizaine d'autres fragments provenant d'ours bien connus pour vivre dans le plateau de l'Himalaya.

Les résultats, publiés ce mercredi 29 novembre dans la revue Proceedings of the Royal Society B, sont décevants pour les fans du yéti. D'après les analyses génétiques des auteurs, si un des échantillons provient d'un chien, les huit autres sont clairement ceux d'ours noirs asiatiques, ou d'ours bruns de l'Himalaya ou du Tibet.

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Parmi les restes supposés de yétis analysés, l'un d'eux semble être le même que celui évoqué dans une autre étude, publiée en 2014. Les chercheurs affirmaient alors ne pas avoir trouvé trace d'un abominable homme des neiges, mais d'une nouvelle espèce d'ours hybride. Celle-ci, inconnue jusqu'alors, serait proche d'un ours polaire préhistorique, affirmaient alors les auteurs.

Ours hybride, y es-tu ?

Sauf que l'étude a par la suite été remise en cause par deux nouvelles analyses. Celles-ci affirmaient qu'il était impossible de conclure que l'ADN étudié ne provenait pas d'un ours brun classique, au vu des données disponibles.

Les chercheurs, dans l'étude publiée ce 29 novembre, affirment que si l'échantillon est bien le même, il proviendrait d'un ours brun de l'Himalaya. Selon les auteurs, ces travaux représentent "l'analyse la plus rigoureuse d'échantillons suspectés de provenir d'une créature anormale, ou mythique, de type hominidé". Ils "suggèrent fortement que la base biologique de la légende du yéti est liée aux ours bruns et noirs locaux", concluent les chercheurs.

Derrière ce côté mystérieux, les travaux permettent surtout de mieux comprendre l'évolution de la population d'ours sur le plateau tibétain. En comparant les différents fragments d'ADN, les auteurs se sont rendu compte que l'ours brun de l'Himalaya a évolué de manière distincte des autres ours présents sur place.

ours

L'espèce aurait divergé il y a quelque 650.000 ans, durant une période de glaciation qui a empêché les deux espèces de se croiser pendant un très long moment, selon les chercheurs.

"L'ours brun de l'Himalaya, par exemple, est une espèce en danger. Clarifier la structure de la population et sa diversité génétique peut aider à estimer la taille de la population" et à mettre au point des stratégies pour sauvegarder ces espèces, estime Charlotte Lindqvist, auteure principale, dans un communiqué.

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