"Il n'y a pas de réseau": Vous en avez marre d'entendre cette phrase dans les administrations tunisiennes? Bientôt, ce ne sera qu'un mauvais souvenir

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Adieu au fameux slogan de l'administration tunisienne "el réseau tayah" ("Il n'y a pas de réseau!") . Une nouvelle qui a été annoncée lundi par le ministre des Technologies de communication et de l’économie numérique, Anouar Maârouf, lors de la session plénière consacrée au débat sur le budget relatif à son département pour l'année 2018.

Le ministre a fait savoir que toutes les administrations tunisiennes seront reliées, d'ici la fin de l'année en cours, à un nouveau réseau intégré. Ce système permettra d'améliorer la qualité de la connexion et d'éviter les problèmes techniques au niveau du réseau.

De plus, Maârouf a fait savoir que ce programme sera également adopté par les municipalités. "Les mairies et les collectivités locales seront, à leur tour, reliées à ce système en 2018" a-t-il précisé. Il a assuré, d'autre part, que le réseau WiFi sera disponible gratuitement dans plusieurs espaces publics, à l’instar des facultés et des bureaux de postes.

La numérisation et la centralisation de l'information au sein de l’administration tunisienne ne sera plus "un mythe," selon le ministre. Désormais, grâce à ce système, les administrations tunisiennes n'auront plus d'excuses pour ne pas traiter à temps les requêtes de leurs clients. Une mesure "révolutionnaire" qui tend à mettre un terme aux problèmes gênants qui freinent depuis des années la croissance de la productivité économique du pays.

Une étude menée par le Centre des Jeunes Dirigeants d’Entreprises - CJD et la Konrad-Adenauer-Stiftung a révélé que 76.3% des PME tunisiennes considèrent que l’administration publique représente un obstacle à leur développement. Pire, 52.6% des PME ayant connu une régression dans leur chiffre d’affaires ont aussi imputé cela à l’administration publique. Un classement a été, d'ailleurs, établi dévoilant l'efficacité des administrations publiques. Et c'est l'INNORPI qui se trouve en haut du podium, suivie de l’API, de la recette des Finances et du bureau de l’emploi. Alors que la Municipalité est dernière du classement. Au plan de la "digitalisation", le top 3 est composé des Recettes des Finances, de la BCT et la CNSS. Au dernier rang figure le Tribunal de première instance.

Un constat maussade de la qualité de services des administrations tunisiennes qui se traduit également par un taux d'insatisfaction de la part des citoyens. En effet, 51% des Tunisiens ont une mauvaise perception des services administratifs, selon un sondage d’opinion, réalisé en 2016 par “Sigma conseil”. 77% des sondés considèrent que l’administration est non productive et inefficace.

Déjà, depuis près d'une année, une “stratégie nationale de la modernisation de l'administration” avait été lancée par Youssef Chahed pour reformer l'administration publique. Ainsi, la mise en place d'une administration digitale est l'une des principales priorités du gouvernement.

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