Mahi Binebine réunit 40 artistes pour une vente au profit des Étoiles de Sidi Moumen et du Détroit

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EXPOSITION - "On est devenu les champions de la mendicité", plaisante Mahi Binebine, qui a fait appel à tous ses amis artistes pour organiser une exposition au profit des enfants des centres culturels les Étoiles de Sidi Moumen à Casablanca, et les Étoiles du détroit à Tanger. Une quarantaine d'artistes, dont une majorité de Marocains, ont fait dont de leurs oeuvres qui seront vendues le 14 décembre au siège de la TGCC à Casablanca.

Après l'ouverture du centre culturel des étoiles du détroit à Tanger, et la construction d'un troisième centre à Fès, la fondation Ali Zaoua, créée par Mahi Binebine et Nabil Ayouch, a besoin de plus de moyens, malgré le soutien dont elle bénéficie de la part de quelques institutions comme le ministère de la Culture, Bank Al-Maghrib, ou encore l'Institut français,. "Le plus grand défi ce n'est as d'ouvrir les centres, mais c’est de rendre cette opération pérenne", explique au HuffPost Maroc l'artiste marrakchi.

Créé en 2014, le centre de Sidi Moumen est aujourd'hui fréquenté chaque mois par des milliers de jeunes. Le centre "Les Étoiles du Détroit" a quant à lui compté plus de 150 inscriptions en 24 heures dès de son ouverture. "On commençait à avoir la trouille parce qu'il faut des sous pour faire tourner la machine", admet Binebine.

Le fou de Hassan II

Le travail sur les centres n'a pas détourné Mahi Binebine de l'écriture, puisqu'il a révélé être déjà en préparation d'un nouveau roman. "À chaque fois que je finis un livre, pour mieux dormir, je dois en commencer un autre très vite", explique-t-il au HuffPost Maroc lors de la signature de son dernier livre à Casablanca. “Ça sera un livre enchanté, très gai, très joyeux", déclare-t-il, refusant de livrer plus de détails.

"Le fou du roi" avait été retenu parmi les cinq finalistes en lice pour le prix Renaudot. Le jury a fini par décerner cet honneur au Français Olivier Guez pour son roman “La disparition de Josef Mengele”. “À la rentrée il y avait 581 romans, être parmi 16, c’est déjà pas mal. Mais quand on est parmi les cinq, on commence à se dire 'Et pourquoi pas?'”, raconte Mahi Binebine. “Évidemment, on est toujours un peu déçu mais on y survit”, ajoute l’écrivain.

Sorti en mars dernier, “Le fou du roi” est déjà disponible dans trois éditions, a été vendu dans dix pays et traduit dans différentes langues. Le succès du livre porterait les prémices d’une nouvelle adaptation cinématographique pour l’auteur qui révèle avoir déjà eu des propositions.

La productrice française d’origine marocaine, Bouchra Réjani, qui a notamment travaillé sur les émissions "The Voice" et "Masterchef" pour TF1, semblerait être intéressée par ce projet, comme nous le révèle Mahi Binebine.

Et si l’on s’attend à avoir Nabil Ayouch derrière la caméra, puisqu’il a déjà adapté un des livres de Binebine, “Les Étoiles de Sidi Moumen”, l’artiste admet que le réalisateur marocain pourrait ne pas faire partie de l’aventure. “Nabil m’avait dit: 'Je sors tout juste de 'Much Loved', on va me jeter des pierres si je continue sur cette lancée'", explique en plaisantant l’artiste.

Dans son dernier livre, Binebine se glisse dans la peau de son père, courtisan de Hassan II, dont le métier était de faire rire le roi défunt. Il y raconte les derniers jours de Hassan II vu de l’intérieur du palais.

“Tout paraissait normal, mais rien ne l’est quand le lion est à genoux, quand ses griffes, réduites à des débris de bois inutiles, ne font plus trembler personne, quand le feu mourant de son regard inspire davantage la pitié que la terreur […]. Tout paraissait normal mais moi je ressentais comme une boule de chagrin au creux de ma poitrine. Je priais Dieu matin et soir de délivrer mon Seigneur de son mal et, s’il le fallait, s’il n’y avait pas d’autres recours, de me l’infliger à sa place”, peut-on lire dans le premier chapitre du livre.

“Je n’étais pas prêt avant pour écrire un tel livre, il m’a fallu vieillir un peu, m’assagir”, explique l’artiste. “Tout est réel dans ce livre tout en étant fiction absolu. J’ai embelli, j’ai travesti un peu la réalité, mais des fois, le mensonge devient plus réel que la vérité”, dit-il encore.

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