Macron va proposer une "initiative euro-africaine" contre l'esclavage en Libye

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POLITIQUE - Le président français Emmanuel Macron a annoncé ce mardi 28 novembre à Ouagadougou qu'il allait "proposer une initiative euro-africaine" pour "frapper les organisations criminelles et les réseaux de passeurs" qui exploitent les migrants subsahariens dont certains sont réduits en esclavage.

Emmanel Macron a également annoncé "un soutien massif à l'évacuation des personnes en danger" en Libye, qualifiant la vente de migrants comme esclaves de "crime contre l'humanité", lors d'un discours devant des étudiants burkinabè.

La France, théâtre de plusieurs manifestations récentes pour dénoncer l'existence d'un marché aux esclaves en Libye, mis en lumière par un reportage de la chaîne de télévision américaine CNN, avait réclamé la semaine dernière une réunion spécifique du Conseil de sécurité.

"Nous devons aller beaucoup plus loin de manière à dire non à une situation inacceptable", a souligné lundi devant des médias à New York l'ambassadeur français auprès de l'ONU, François Delattre.

"Les crimes de la colonisation européenne"

Dans un long discours censé fixer le cadre de la politique qu'il entend mener sur le continent, le président français est revenu sur la longue histoire partagée entre la France et l'Afrique. "Je suis d'une génération qui n'a jamais connu l'Afrique colonisée", a-t-il déclaré en introduction, assurant qu'il n'était pas venu "dire à l'Afrique ce qu'elle doit faire" et promettant une "relation nouvelle, à la bonne échelle" entre l'Union européenne et l'Afrique toute entière.

"Il y a eu des fautes et des crimes, des grandes choses et des histoires heureuses", mais "les crimes de la colonisation européenne sont incontestables", a précisé le président français. C'est "un passé qui doit passer", a-t-il ajouté.

Peu avant, Emmanuel Macron avait promis que tous les documents français concernant l'assassinat de l'ancien président burkinabè Thomas Sankara en 1987 seraient "déclassifiés", à l'issue d'un entretien avec le président du Burkina Roch Marc Christian Kaboré à Ouagadougou.

La mort de Thomas Sankara, devenue une figure panafricaine, était un sujet tabou pendant les 27 ans de pouvoir de l'ancien président Blaise Compaoré, qui a succédé au "père de la révolution". Compaoré, qui vit en exil en Côte d'Ivoire depuis 2014, est soupçonné d'avoir participé au complot par de nombreux Burkinabè qui y voient aussi la main de la France, ancienne puissance coloniale qui aurait été gênée par la politique anticolonialiste de Sankara.

Démographie, développement et environnement

Le président qui avait été très critiqué après avoir estimé qu'il était impossible de développer l'Afrique à cause de ses "7 ou 8 enfants par femmes" est revenu sur ses propos, précisant que la femme africaine doit "avoir le choix de ne pas être mariée à 13 ou 14 ans"... et le choix de son nombre d'enfants.

Emmanuel Macron a aussi promis que la France serait un "partenaire privilégié de l'Afrique" dans la lutte contre le réchauffement climatique, soulignant qu'il fallait rendre "l'énergie plus accessible mais aussi plus propre".

Il a enfin promis un "doublement" des partenariats avec les universités et écoles africaines et des visas longue durée pour les Africains ayant été diplômés en France.

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