Il était devenu un point de départ pour une immigration irrégulière: Le gouverneur de Medenine explique les raisons de la fermeture du camp de Choucha

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TAIEB KHOUNI
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Lors de la visite périodique du Représentant du Haut Commissariat pour les Réfugiés en Tunisie, Mazin Abu Shanab, aux villes du Sud, un accord a été signé avec le gouvernorat de Medenine, attestant d'une contribution du Haut Commissariat pour les Réfugiés (HCR) de 100 mille dinars tunisiens destinés à la remise en état du site de l'ancien camp de Choucha, tel qu'il était avant 2011.

Le camp de Choucha avait été fermé en 2013, et les réfugiés qui s'y trouvaient s'étaient, soit réinstallés dans les zones urbaines en Tunisie, soit dans des pays tiers. D'autres sont volontairement rentrés dans leurs pays d'origine.

Après cette date, les personnes qui étaient restées au camp de Choucha, refusant de quitter les lieux, étaient en majorité des migrants irréguliers.

Pour le gouverneur de Medenine Habib Chaouat, "la sécurité nationale est une ligne rouge", et la présence de ces personnes dans une zone frontalière dépasse cette ligne. Il était donc nécessaire de fermer le camp de Choucha, car "il constituait un danger pour la sécurité nationale" s'est-il exprimé lors de la conférence organisée au siège du gouvernorat de Medenine.

Il est à noter que faire la distinction entre un migrant et un réfugié est d'une importance capitale pour les gouvernements en général, et l'est d'autant plus pour le HCR, qui a "pour mandat de soutenir les États dans la protection et l'assistance aux réfugiés". Définitions ci-dessous.

"Selon la convention de 1951 portant sur les réfugiés et la convention de 1969 de l'Organisation de l'Unité Africaine, un réfugié est une personne qui, craignant avec raison d'être persécutée du fait de sa race, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, ou du fait d'une agression, d'une occupation extérieure, d'une domination étrangère ou d'événements troublant gravement l'ordre public, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays", précise le Haut commissariat sur un document de présentation.

D'un autre côté, "Les migrants choisissent de quitter leur pays non pas en raison d'une menace directe de persécution ou de mort, mais surtout afin d'améliorer leur vie en trouvant du travail, et dans certains cas, pour des motifs d'éducation, de regroupement familial ou pour d'autres raisons. Contrairement aux réfugiés qui ne peuvent retourner à la maison en toute sécurité, les migrants ne font pas face à de tels obstacles en cas de retour. S'ils choisissent de rentrer chez eux, ils continueront de recevoir la protection de leur gouvernement", lit-on sur le site du UNHCR.

"Les personnes qui se trouvaient au camp de Choucha ne représentaient pas de problème pour nous, il était prévu qu'on fasse le nécessaire pour les ramener chez eux, mais ils ont refusé", a déclaré Habib Chaouat, "Nous leurs avons même proposé de vivre ici, de les intégrer dans la société tunisienne, mais ils voulaient rester là-bas".

La Tunisie était devenue comme un point de passage pour l'Europe, "À chaque visite du HCR au Sud, ces derniers s'empressaient de mettre la pression sur le Représentant, avec leurs demandes d'être relocalisés, généralement en Europe, alors qu'ils ne bénéficient pas de l'assistance du HCR", affirme Chaouat.

"Certains d'entre eux se sont même livrés à des activités que je préfère taire...", hésite-t-il, "C'est comme s'ils décidaient de qui peut entrer et qui peut sortir" de la Tunisie.

Selon Habib Chaouat, le camp se serait transformé en point de départ pour une immigration irrégulière. "Les trafiquants recommandaient aux migrants de se rendre au camp. Nous avons ainsi décidé de prendre les mesures nécessaires et de fermer le camp à causes des activités illégales qui y étaient entreprises".

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