Des gardiens de prison impliqués dans des actes de torture? "Des cas isolés" selon le porte-parole de la direction générale des prisons

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PRISON TORTURE
Pring Samrang / Reuters
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Le porte-parole de la direction générale des prisons et de la rééducation, Sofiane Mezghiche, a révélé lors d'une conférence presse tenue lundi que des agents pénitentiaires ont été traduits en justice pour leur implication dans des actes de torture.

"Il est arrivé que le ministre de la Justice ait envoyé un groupe d'agents devant la justice pénale, quand cela nécessitait une enquête judiciaire" a-t-il indiqué.

Sofiane Mezghiche a insisté, toutefois, que ces affaires constituent "des cas isolés". Et d'ajouter: "À chaque fois que des accusations de mauvais traitement ont été avérées, l'agent concerné a été traduit devant le conseil de discipline", a-t-il précisé.

Concernant les détenus en grève de la faim, "leur nombre ne dépasse pas les 80" a-t-il affirmé ajoutant que leurs demandes n'étaient pas réalisables.

Les accusations de torture sont souvent niées par certains, à l'instar de Leila Jdidi, à la tête de l’établissement pénitentiaire de la Rabta qui considère qu' "il n'y a aucune justification pour recourir à la torture", dit-elle. Jdidi évoque ainsi des morts naturelles et selon elle, les familles ont toujours un soupçon quand un de leur proche décède dans une prison refusant ainsi d'admettre sa mort.

Une version des faits contredite par les ONG. En effet, la torture serait de retour en force en Tunisie, selon Mokhtar Trifi, vice-président de l'organisation mondiale contre la torture (OMCT).

Il a fait savoir que des centaines d'affaires se présentent chaque jour aux tribunaux pour dénoncer des abus, des violences et des cas de mauvais traitements mais aucune n'a abouti à un procès. "Aucun tortionnaire présumé n'a encore été condamné" a-t-il souligné.

Trifi a évoqué la présence de ces pratiques notamment dans les prisons, dans les centres de détention pour extraire des aveux et même dans les rues en rappelant que toute utilisation excessive de la force est considérée comme de la torture.

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