Après le drame d'Essaouira, les députés dénoncent "une crise sociale"

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OTHMANI
Youssef Boudlal / Reuters
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PARLEMENT - "Le drame d’Essaouira nous interpelle tous. 15 femmes sont décédées, ce n’est pas le moment d’une surenchère!". La députée du groupe USFP Hanane Rihab ne mâche pas ses mots. Elle parle d’une responsabilité unanime et appelle à un réveil des consciences. Opposition et majorité ont été unanimes à dénoncer une "crise sociale" à la séance mensuelle sur la politique générale du gouvernement, ce lundi à la Chambre des représentants. Le chef du gouvernement, Saad-Eddine El Othmani, a été interpellé sur l’aspect social de l’action gouvernementale.

Aux yeux des députés, le gouvernement ne déploie pas les efforts qu’il faut pour remédier à une "chute fatale". "Le taux de chômage a atteint 10,6% et le nombre des Marocains souffrant de pauvreté est de 1.600.000, mais le gouvernement semble ailleurs", lance le député Omar Hjira, représentant le groupe istiqlalien de l'unité et de l'égalitarisme. Mohamed Ouzzine, lui, député représentant le groupe MP, parle du drame d’Essaouira comme "un arbre qui cache la forêt", alors que le député Omar Balafrej de la Fédération de la gauche démocratique appelle le gouvernement à adopter "une vision claire" et à "une solidarité intergénérationnelle".

Saad-Eddine El Othmani, lui, ne voit pas du même œil l’aspect social de l’action de son gouvernement. Pour lui, des évolutions sont à mettre sur le compte du gouvernement qui, tient-il à rappeler, n’a que "six mois de vie". "Cette année, le secteur de l’éducation nationale a vu son budget augmenter de 54 à 58 millions de dirhams et cela représente une avancée importante", précise le chef du gouvernement. Et d’annoncer que la réforme de l’enseignement et de la formation fait l’objet d’une loi cadre qui sera bientôt présentée. Cette loi devrait s’inspirer des principales recommandations du conseil supérieur de l’enseignement.

Education et formation, El Othmani rappelle aussi que le gouvernement a permis aux inscrits dans les branches de la formation professionnelle, près de 70.000, de bénéficier d’une bourse estudiantine pour laquelle a été consacré une enveloppe budgétaire estimée à 400 millions de dirhams.

Sur le volet emploi, El Othmani ne cache pas l’importance qu’accorde le gouvernement au travail contractuel. "Nous avons pris des mesures dont certaines sont novatrices", assure-t-il, rappelant que le programme national a permis le recrutement de 24.000 enseignants contractuels dans le secteur de l’éducation et de la formation. Un chiffre, prévient-il, qui devra bientôt atteindre 35.000. "Nous nous acheminons vers le travail contractuel dans les autres secteurs", annonce-t-il.

Sur la couverture sociale et médicale, le chef du gouvernement rappelle aux députés qu’ils viennent de voter le projet de loi relatif à l'assurance maladie obligatoire (AMO) pour les travailleurs indépendants et les non-salariés exerçant une profession libérale. Il précise aussi qu’une étude permettra bientôt d’évaluer l’impact du RAMED (Régime d'assistance médicale), afin qu’il soit amélioré.
L’assurance maladie profitera également aux étudiants. Pas moins de 280.000 étudiants universitaires sont concerné par ce programme dont le montant global est de 110 millions de dirhams".

Par ailleurs, sur la question du secteur informel, El Othmani a souligné que ce dernier assure une activité à 2,4 millions de Marocains et représente 12% du PIB national. Mais pour envisager sa réforme, il faut, estime le chef du gouvernement, passer par l’auto-emploi. Etant donné que le projet "Moukawalati" n’avait pas donné les fruits escomptés, le gouvernement devra trouver de nouvelles mesures pour promouvoir l’auto-emploi. Et dans cela, le chef du gouvernement compte sur les députés pour l’aider à trouver des solutions.

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