Des migrants marocains emprisonnés en Libye

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IMMIGRATION - Un appel à l’aide de migrants marocains emprisonnés en Libye secoue la toile. Une vidéo révélant les conditions de (sur)vie de plusieurs Marocains dans une prison libyenne a largement été partagée sur les réseaux pour faire entendre la voix de ceux qui tentaient de se rendre illégalement en Italie. Au lieu d’atteindre cette terre promise, ils se sont retrouvés enfermés dans la prison de Zouara, située entre Tripoli et la Tunisie.

Ils seraient plus de 260 Marocains dans la prison où ils auraient passé au moins six mois, d’après la vidéo que vous pouvez découvrir en début d'article. "Nous supplions le roi d’intervenir pour aider ses sujets", lance une voix d’homme dans la vidéo qui dit parler au nom de tous ces prisonniers. "Beaucoup sont malades à cause du manque de moyens et de soins. Nous demandons aussi à la société civile de nous venir en aide", poursuit la même voix.

D’autres prisonniers auraient été rapatriés chez eux en Tunisie, en Algérie, en Égypte, ou encore vers des pays d’Afrique subsaharienne. Les Marocains sont, quant à eux, toujours derrière les barreaux. "Ceci n'est pas une prison, c'est une exécution", déclare le prisonnier en filmant les migrants entassés sur les lits et le sol d’une cellule délabrée.

Des vidéos sont publiées depuis maintenant plusieurs mois, par des migrants marocains qui se sont réfugiés aux centres d’hébergement de l'instance officielle libyenne chargée de la lutte contre l'immigration clandestine.

"On est la seule nationalité qui est toujours au centre, pas un seul responsable marocain n’est venu nous voir ou même appelé pour connaître notre situation", souligne le migrant dans la vidéo filmée et publiée sur les réseaux sociaux le 13 novembre dernier, en annonçant une grève de la faim des 233 migrants, malades et mineurs compris.

"Nous aimons le Maroc, tient-il à préciser. Nous avons quitté les terres marocaines et nos famille en pleurant, et en espérant améliorer notre qualité de vie parce que nous vivions dans la pauvreté, la misère et de l’exclusion de la société", explique le migrant.

Ces Marocains ont dû payer un montant de 40.000 dirhams à des passeurs qui leur avait promis de les faire traverser la Méditerranée, ont révélé quelques-uns de leurs proches à TelQuel. "Quand vous arrivez en Libye et que vous tombez entre les mains des réseaux d'immigration clandestine, vous mettez de côté votre dignité et vous devenez un esclave qui doit faire tout ce qu'on lui demande. Vous pourrez être tué sans que personne ne soit au courant", raconte ainsi à nos confrères de TelQuel un des Marocains depuis un centre de rétention de Libye.

Un esclavage que la CNN avait en novembre réussi à prouver en filmant des ventes aux enchères de quelques ressortissants d'Afrique Subsaharienne qui se vendaient pour moins de 4.000 DH. Un sit-in avait été organisé devant l'ambassade de Libye à Rabat pour dénoncer cette traite des êtres humains.

Ce lundi 27 novembre, ce sont des dizaines de familles de migrants marocains disparus ou retenus en Libye qui ont manifesté aujourd'hui devant le ministère des Affaires étrangères à Rabat, afin de demander aux autorités de rapatrier leurs proches, rapporte l'AFP.

mobilisation

Contacté par le HuffPost Maroc,, Abdelkrim Benatiq, ministre délégué des MRE et des affaires de la migration, nous assure que "l'opération est en cours", sans plus de détails.

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