Production d'engrais: L'OCP trustera la première place mondiale en 2018

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ENGRAIS - Malgré l’importante réserve naturelle de phosphate dont il dispose, le Maroc reste distancé par les États-Unis dans la production d’engrais. Une situation qui risque de changer très rapidement avec l’offensive prise par l’Office chérifien des phosphates (OCP).

Une arme redoutable: la JFC taskforce

Pour y arriver, le département de Terrab a concentré ses efforts sur la plateforme de Jorf Lasfar, le plus grand complexe mondial de production d’engrais où des usines complètement intégrées ont été déployées. Ces unités nouvelle génération, au nombre de quatre, portent le nom de Jorf Fertilizers Company (JFC) et ont toutes nécessité un investissement de 5,2 milliards de dirhams par unité. Elles ont également la même capacité de production: 1 million de tonnes d’engrais par an, 1,4 million de tonnes d’acide sulfurique par an et 450.000 tonnes d’acide phosphorique par an. Cumulées, ces capacités de production devront faire atteindre au complexe les 12 millions de tonnes d’engrais par an, ce qui permettra à l’Office de détrôner son concurrent américain.

Après la JFC 1 -également appelé Africa Fertilizer Complexe (AFC), l’ensemble de sa production étant destiné à l’Afrique- et la JFC 2, la troisième unité (JFC 3) vient d’atteindre sa vitesse de croisière après avoir été lancée en mars 2017. Un record. "Toutes les unités de JFC 3 ont pu atteindre leur cadence nominale en des temps records comparés à l’AFC et à JFC 2", souligne Ahmed Mahrou, directeur de production du JFC 3. C'est ainsi que l’unité PAP Filtration a atteint sa cadence nominale en 6 jours, alors qu’il avait fallu 393 jours pour AFC et 23 jours pour JFC 2, tandis que l’unité d’engrais a pu réaliser l’exploit en 29 jours contre 176 pour l’AFC et 77 jours pour JFC 2.

Les équipes du site s’attendent au même tour de force pour JFC 4, qui est déjà en phase de test et qui sera lancée en 2018. C’est d’ailleurs cette dernière qui devra permettre à l’Office de trôner à la tête des producteurs d’engrais.

De l’énergie électrique à revendre

Mais les capacités de production de ces unités ne sont pas leur seul point fort. Profitant de la chaleur et de la vapeur dégagées par les réactions chimiques lors de la production d’acide sulfurique, chaque unité dispose d’une centrale thermoélectrique d’une puissance de 62 MW pour la production d’électricité. De plus, JFC 3 bénéficie d’un nouveau système permettant à l’unité de production d’acide sulfurique de produire de la vapeur supplémentaire, en récupérant de l’énergie sur l’acide chaud, habituellement refroidi à l’eau de mer. L’énergie récupérée permet une production électrique supplémentaire de 8 à 9 MW et une réduction de la consommation d’eau de mer de 2.500 m3/h, équivalent à une consommation d’énergie de pompage de 1 MW. De quoi couvrir l’ensemble des besoins en énergie de l’unité, mais également ceux de la station de dessalement d’eau de mer du complexe. "Il nous arrive également, lorsque certaines chaînes sont en maintenance, de produire tellement d’électricité qu’en en vend à l’ONE qui l’injecte dans le réseau national", précise Amine Kaf, senior vice-président du complexe de Jorf Lasfar.

Grâce à son installation au cœur de la plateforme de Jorf Lasfar, l’usine dispose de la totalité des matières premières dont elle a besoin (phosphate, soufre et ammoniac), grâce notamment au Slurry Pipeline. De plus, la plateforme permet à JFC 3 de bénéficier de la proximité du port pour l’exportation de ses produits finis avec la mise en place de convoyeurs qui réduisent drastiquement les dépenses en logistique. Ces derniers relient l’infrastructure maritime au hangar de stockage de JFC 3, d’une capacité de 200.000 tonnes d’engrais, constituant ainsi deux mois et demi d’autonomie.

Fort de ses résultats, l’OCP ne compte pas s’arrêter en si bon chemin et prévoit déjà la construction de six nouvelles usines d’engrais à Jorf Lasfar dans le cadre de stratégie de développement 2018-2025. Ces dernières ne seront pas identiques aux JFC et profiteront de l’amélioration que connaît la conception de telles unités. Le groupe lorgne également du côté de l’Afrique avec la construction prochaine d’une usine de production d’engrais en Éthiopie.

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