Drame de Youssoufia: Le coup de gueule de Aïcha Ech-Chenna

Publication: Mis à jour:
AICHA ECHCHENNA
Aicha Ech-Chenna/Facebook
Imprimer

DRAME - Celle qui a fondé l’Association solidarité féminine, Aïcha Ech-Chenna, ne cache pas sa douleur et sa colère. "Je suis révoltée devant l’indifférence de la société et des responsables qui devraient assurer la protection de la femme et de l’enfant", confie-t-elle au HuffPost Maroc.

Aïcha Ech-Chenna n’a plus de voix lorsqu’elle apprend le drame des trois petites sœurs de Hay Rachad relevant de l’arrondissement d’El Youssoufia à Rabat. Mercredi 22 novembre, vers 22h, un incendie s’est déclaré dans la petite demeure où elles logeaient. Les flammes ne les ont pas épargnées. L’aînée d’à peine 8 ans, a péri le soir même et les deux autres, transportées dans un état grave au CHU de Rabat, ont rendu l’âme aujourd’hui.

Ce n’était pas la première fois que les fillettes se retrouvaient à l’hôpital. Le HuffPost Maroc a appris que leur mère célibataire, âgée de 28 ans, était "une habituée de l’assistance sociale". Cette dernière avait conseillé à la jeune mère de placer ses enfants dans un orphelinat, mais elle s’y refusait catégoriquement. "Sans mes enfants, je n’ai plus rien", répondait-elle.

Les voisins, ayant côtoyé la mère et ses enfants, ont indiqué à nos confrères d’alyaoum24 avoir alerté les autorités locales sur la situation sociale des fillettes, mais que rien n’a été fait.

Ce drame, un parmi tant d’autres, soulève une fois de plus la problématique sociale des mères célibataires et de la prise en charge de leurs enfants. La fondatrice de l’Association solidarité féminine appelle à un éveil des consciences, précisant que le meilleur moyen de répondre à la problématique passe par la prévention et l’éducation. "L’abandon d’un enfant coûte au minimum entre 4.000 et 5.000 dirhams par mois dans un orphelinat. Mieux vaut éduquer et prévenir, ou aider la maman à prendre en charge son enfant. Ou à défaut, trouver un parrainage à cet enfant", explique-t-elle.

Aïcha Ech-Chenna insiste par ailleurs sur l’importance de prendre en charge les mères célibataires. "Mettre la mère en prison est-il une solution?", s’interroge-t-elle. "Malheureusement, ici, la protection de la femme et de l’enfant se limite à des paroles", s’insurge la militante. Et d’estimer que les communes doivent jouer leur rôle social et disposer des moyens de le faire. "Ce drame doit servir de leçon pour prendre conscience du problème et y mettre fin", insiste Aïcha Ech-Chenna.

LIRE AUSSI: