Khemaïes Jhinaoui: Les députés ne se rendent au ministère des Affaires étrangères que pour leurs intérêts personnels

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ANKARA, TURKEY - JUNE 15 : (----EDITORIAL USE ONLY MANDATORY CREDIT - ' FOREIGN MINISTRY OF TURKEY / AHMET GUMUS / HANDOUT' - NO MARKETING NO ADVERTISING CAMPAIGNS - DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS----) Tunisian Foreign Minister Khemaies Jhinaoui and Turkish Foreign Minister Mevlut Cavusoglu (not seen) hold a joint press conference at Turkish Foreign Ministry official residence in Ankara, Turkey on June 15, 2017. (Photo by Turkish Foreign Ministry / Ahmet Gumus / Handout/Anadolu Agency/Gett | Facebook/khemaies Jhinaoui
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"Certains députés ne se rendent au siège du ministère que pour leurs intérêts personnels" a annoncé le ministre des Affaires étrangères, Khemaïes Jhinaoui lors de son intervention ce vendredi 24 novembre devant l’Assemblée des représentants du peuple, pour l’examen du budget de son département.

Sur un ton ferme et sévère, il a pointé du doigt le rôle des députés et leur "indifférence" face aux questions diplomatiques qui préoccupent le pays. Il a fait savoir que la diplomatie ne peut être efficace qu'avec le soutien des parlementaires surtout en cette période de transition, si fragile. Il a, en effet, souligné la nécessité d'unifier les positions et les attitudes notamment à l'étranger.

Jhinaoui a noté, par ailleurs, que la politique étrangère de la Tunisie ne repose pas sur des slogans et des idéologies, mais plutôt sur l'intérêt général du pays en rappelant que "les positions de la Tunisie sont indépendantes" et ne sont soumises à aucun diktat étranger.

Vers la création d'un secrétariat d’État dédié à la diplomatie économique

D'autre part, Jhinaoui a annoncé la création prochaine d'un secrétariat d’État dédié à la diplomatie économique. Il a affirmé que cette dernière est considéré comme étant une pierre angulaire de l'action diplomatique. "Ce n'est plus un simple slogan, c'est un pilier, une nouvelle politique" a-t-il martelé en ajoutant que cette mesure permettra à la Tunisie de poursuivre la conquête de nouveaux marchés et de sauvegarder ses intérêts à l’étranger.

La Tunisie fait tout son possible pour trouver un règlement pacifique à la crise syrienne

Revenant sur la crise syrienne, Jihanoui a évoqué la position de la Tunisie et a présenté les raisons derrière la non affectation d'un représentant diplomatique en Syrie. "La Tunisie souffre de ce qui se passe actuellement en Syrie" a-t-il dit en ajoutant que le pays essaie par tous les moyens de trouver un règlement pacifique à la crise. Il a noté que le chargé d'affaires tunisien à Damas, qui a été nommé par le gouvernement d'Union nationale, est en contact quotidien avec le gouvernement syrien.

Il a fait savoir, également, que les Syriens n'ont pas réclamé la présence d'un ambassadeur en Tunisie.

Le soutien au Hezbollah, n'est pas "un chèque en blanc"

Le ministre des Affaires étrangères a précisé que la Tunisie avait émis, à quatre reprises, des réserves sur la classification du Hezbollah libanais en tant qu'organisation terroriste.

Il a expliqué que la Tunisie soutient le Hezbollah dans sa résistance contre l'occupation israélienne, mais ce soutien est conditionné. Il n'est pas "un chèque en blanc" pour "attaquer d'autres pays arabes", selon ses dires.

Adoption du budget du ministère des Affaires étrangères

Le budget alloué au ministère des Affaires étrangères au titre de l’année 2018 a été adopté avec 138 voix pour, 4 abstentions et 14 refus. Il s’établit à 211,324 MDT, enregistrant ainsi une hausse de 13,4MDT (6,8%) par rapport à l’année 2017.

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