Le premier Festival Disney à Tunis débute aujourd'hui: Rencontre avec Jean-François Camilleri, président de Walt Disney Company France et Afrique francophone (INTERVIEW)

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L'ouverture du premier festival Disney à Tunis a lieu aujourd'hui avec une avant-première exceptionnelle de "Coco", dernier film d'animation signé Disney Pixar dans la salle du Colisée.

L'événement qui se poursuit jusqu'au 26 novembre propose la projection de plus de 30 films du studio dans 6 cinémas partenaires (Le Zéphyr, le Ciné Jamil, le Colisée, Le Palace, l'Agora et Le Mondial).

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Un concert de Cerise Calixte – interprète de la chanson du film "Vaiana" – est également au programme, avec une interprétation des plus grands titres Disney. Enfin Sébastien Durand - expert de l'animation et de l'univers Disney – animera un master class autour du thème "De Mickey à Coco: 90 ans d’innovations technologiques au service de l’art de l’animation".

La totalité des recettes du festival sera reversée à l'association SOS Village d'enfants Tunisie.

"Tunis était idéale pour ça. Ce qu'on peut faire ici, on ne peut pas forcément le faire ailleurs"

Jean-François Camilleri – président de Walt Disney Company France, Benelux et Afrique francophone et directeur général de Disneynature – se confie au HuffPost Tunisie.

HuffPost Tunisie: Pourquoi avoir choisi d'organiser ce festival en Tunisie?

Jean-François Camilleri: On a choisi la Tunisie par ce qu'il se trouve que le parc de salles de cinéma est particulièrement bien structuré, il y a beaucoup de salles, beaucoup plus que dans d'autres villes du Maghreb ou dans d'autres villes d'Afrique. Tunis était donc idéale pour ça. Ce qu'on peut faire ici, on ne peut pas forcément le faire ailleurs.

Ici, on a l'occasion aussi de montrer nos films sur grand écran mais pas uniquement dans une ou deux salles. Là on est sur 5 salles et des salles suffisamment grandes pour pouvoir faire des événements comme l'avant-première de "Coco", ou le concert de samedi soir de Cerise Calixte.

Par ailleurs, on s'intéresse de plus en plus à la Tunisie, au Maghreb et à l'Afrique mais en particulier à la Tunisie car il y a une grande envie de la part du public de nous suivre, de "consommer" du Disney, de regarder nos contenus.

Justement, en termes de spectateurs, vous avez décelé un engouement plus important chez les Tunisiens spécialement?

Tous les gens que j'ai pu rencontrer que ce soit les gens de Tunisie Telecom, Ooredoo, de chaînes de télévision, de station de radio, Carrefour, Géant, Casino, Délice, notre distributeur de films M. Goubantini, nous disent qu'il y a un véritable appétit pour ce que l'on fait. Donc cette volonté de se développer sur beaucoup de nos activités, que ce soit la télévision, le cinéma, les produits mais aussi la musique, les concerts et pour cela faire un événement en 3 jours qui permet de concentrer sur Disney, me paraît intéressant.

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Doit-on s'attendre à une nouvelle étape après cet événement? L'implantation d'un bureau ici par exemple…

Nous allons continuer de travailler de façon beaucoup plus étroite avec des sociétés tunisiennes et les acteurs économiques tunisiens, qui ont de nombreuses idées que nous souhaitons développer de concert.

Mais l'implantation d'un bureau ici, non, ce n'est pas encore d'actualité.

En Tunisie, le cinéma -et donc les films Disney- souffre de la piraterie informatique. Ce festival est-il aussi une façon de combattre ce fléau et de rebâtir des ponts entre les Tunisiens et les salles de cinéma?

D'abord, il faut savoir que c'est la première fois que le Disney Festival non seulement au Maghreb mais également en Afrique!

Ce dont on s'est rendu compte, c'est que beaucoup de nos films n'ont pas été vu sur grand-écran et que c'est l'occasion avec ce festival de donner l'opportunité au public de Tunis de découvrir ou redécouvrir des films au cinéma.

Quand à la piraterie, c'est un vrai problème et pour le combattre nous proposons ce genre de festival et proposons aux gens de retrouver le chemin des salles de cinéma. C'est nettement plus agréable. C'est quand même dommage de regarder un film sur un téléphone ou sur un ordinateur.

Regarder sur grand écran, c'est magique, le son est magique, l'image est magique et la communion avec le reste du public aussi.

Cela permettra peut-être de créer chez les gens l'envie de continuer à aller au cinéma.

Quelles sont vos attentes à l'issu de ce festival?

L'attente c'est que les salles soient pleines, et pour nous c'est un véritable défi car il y a des salles de très grande capacité: 1600 places au Colisée, 1000 places au Palace...

Et ce défi, il faut le réaliser -et c'est là le plus important- pour SOS Village d'enfants. Il faut savoir que plus les salles seront pleines plus SOS Village d'enfants aura d'argent car nous leur reverserons toute notre recette.

Vous proposez une trentaine de films dans les salles tunisiennes, comment s'est effectuée cette sélection?

On a voulu choisir à la fois des films sortis il y a très longtemps et d'autres plus récemment et qui illustrent la magie et la diversité de l'univers Disney.

Revoir "Le Roi lion", "Blanche neige" ou "Aladin", des films qui sont sortis il y a 25 ans, c'est rare. Ce sera une opportunité unique des les revoir en salle.

Des films un peu plus récents seront aussi diffusés comme "Vaiana" ou "La Reine des neiges". Ça va sûrement être une première pour plein de gens.

"Coco" est le dernier Disney, il va être présenté en avant-première, à l'ouverture du festival. Quelle est sa particularité?

C'est le nouveau film de Pixar, il sera diffusé en salles à partir du 29 novembre à Tunis. C'est une des toutes premières fois qu'il va être montré au public! Il est sorti aux États-Unis hier, en France mercredi 29 aussi mais nous faisons l'avant-première le 24 à Tunis.

C'est un film qui se passe au Mexique, très coloré, très musical, très festif et en même temps très émouvant, il y a beaucoup d'humour et ça fait partie de ces films de Pixar que tout le monde peut voir. Il y a un niveau de lecture pour les enfants et pour les plus grands, les adultes.

C'est pour toute la famille car – je n'ai pas envie de dévoiler l'histoire – mais c'est vraiment un film sur la famille, un peu comme "Vice-versa", "Là-haut" ou "WALL-E", qui sont des films de Pixar mais qui ne sont pas seulement pour les enfants, qui parlent à tout le monde. Coco est vraiment dans cette veine là.

Entre "Blanche Neige et les septs nains" diffusé en 1937 et "Coco" aujourd'hui, la technique d'animation a dû largement évoluer. Comment s'adapte Disney par rapport à ces évolutions?

L'évolution technique es tellement rapide que chaque année, il y a de nouvelles techniques qui apparaissent.

Là dans ce film, visuellement, – c'est une des premières chose que les gens disent quand ils le voient – c'est époustouflant et c'est sans aucun doute un des plus beaux films d'animation jamais fait en termes de technique, de qualité!

Pixar a créé en 1996 l'animation numérique. Disney avait commencé à le faire mais on a gardé parfois la technique traditionnelle. Par exemple, "La Princesse et la grenouille", film qui date de 2009, a été entièrement fait en animation traditionnelle.

Mais aujourd'hui l'ensemble de nos films sont fait en animation numérisée. Il n'y a que les animateurs japonais qui font de l'animation à la main.

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