L'Académie française ouvre une réflexion sur la féminisation de l'écriture

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FRENCH ACADEMY LANGUAGE
Assia Djebar (standing) delivers her acceptance speech at the Academie Francaise in Paris June 22, 2006. Djebar, who has written extensively about the life of Muslim women, is the first Algerian woman to enter the official guardian of the French language, the Academie Francaise, founded in 1635. REUTERS/Philippe Wojazer (FRANCE) | Philippe Wojazer / Reuters
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Vingt ans qu'elle s'y refusait. Ce 24 novembre, et alors que le débat sur l'écriture inclusive et la féminisation de la langue française fait rage à tous les niveaux, des écoles aux plus hautes sphères de l'État, Le Figaro révèle que l'Académie française va enfin se pencher sur la question, après deux décennies passées à soigneusement l'éviter.

D'après le service du dictionnaire de l'institution, organisme de référence en matière des régulation de langue, elle va effectivement se pencher "avant la fin de l'année" sur "la féminisation de certains noms de métiers." Si l'Académie, qui a plusieurs fois indiqué qu'elle déconseillait vivement de féminiser les dénominations des titres, grades et fonctions officielles, elle acceptait jusqu'alors que soient adaptés les noms de métiers "dont le féminin s'impose naturellement dans l'usage".

À l'initiative de la Cour de cassation

Cette fois, c'est un courrier de la Cour de cassation, la juridiction ultime dans le droit pénal français, qui l'a incitée à s'interroger. Dans une lettre adressée à l'Académie, et citée là encore par Le Figaro, le président de la Cour Bernard Louvel précise que "l'usage de la féminisation des fonctions s'est étendu au sein de la fonction publique et du corps judiciaire", demandant ainsi aux Immortels de revoir leurs recommandations.

Alors que la Cour de cassation, qui suit scrupuleusement les recommandations de l'Académie française et utilise donc constamment le masculin pour évoquer procureurs, présidents et autres substituts, Bernard Louvel explique que le ministère de la Justice emploie lui "la procureure, la juge, la présidente, la conseillère, la substitute etc."

Une réflexion globale sur les demandes de la société

"L'usage a-t-il suffisamment évolué, pouvant amener l'Académie à infléchir son point de vue?" poursuit-il. Le 6 novembre dernier, "le secrétaire perpétuel" (c'est la dénomination utilisée par l'institution, ndlr) de l'Académie Hélène Carrère d'Encausse a effectivement reconnu qu'il était temps que son institution s'interroge sur le bien-fondé de ses recommandations actuelles.

Elle assure ainsi qu'une réflexion globale sera menée au sein de l'Académie française avant la fin de l'année pour que soient considérées les demandes actuelles de la société, et pour "répondre aux aspirations légitimes de nos concitoyennes, qui souhaitent voir la place qu'elles occupent dans la vie sociale, et notamment professionnelle, reconnue par des dénominations adaptées."

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