"24 H de Violence": La nouvelle campagne de "Zabaltuna" qui traite de la violence à l'encontre des femmes

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Qui n'a pas encore entendu parler de la campagne "Zabaltuna", lancée par le tunisien, Mohamed Oussama Houij, en septembre dernier?

La campagne traitait alors d'un problème bien précis: les ordures qui jonchent les rues en Tunisie, "Zabaltuna" signifiant: "Vous nous avez envahi par vos ordures", dans le langage tunisien.

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Mais le jeune homme a du nouveau. "Zabaltuna a débuté sur le sujet de l'environnement. Je continue à travailler sur le thème comme je peux, mais dès le début, je voulais que Zabaltuna soit un travail artistique contestataire", explique Mohamed Oussama au HuffPost Tunisie, "Je pense en effet que le terme 'zabaltuna' peut s'appliquer à plusieurs sujets. En d'autres termes, les ordures peuvent être physiques mais aussi morales".

24 Hours of Violence, une histoire fragmentée

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Le 25 novembre approche, et c'est la journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. Pour l'occasion, Mohamed Oussama a préparé une nouvelle campagne "Zabaltuna", qui traite cette fois de la violence à l'encontre des femmes.

#24hoursofviolence (24h de violence) est le nom qu'il a choisi pour son nouveau projet, "Pourquoi 24 heures de violence? C'est en quelque sorte le kick-off de la campagne: 24 heures, 12 images, une image chaque deux heures d'un pays du monde accompagné d'une ligne, "clue #x", qui est en fait un vers du poème sur le thème de la violence, que j'ai écris moi-même", explique-t-il.

Sa campagne, un "jeu d'image", comme il la décrit, dénonce donc la violence faite aux femmes à travers un poème. C'est "en quelque sorte une histoire fragmentée qui prendra toute sa forme quand le projet prendra fin", décrit-il.

Et voici les premiers vers de son poème, en langue anglaise:

"I tell the story of Adam
But mostly of Eve
The story of the Fall
and the apple we all grieve
It started with a murmur
then a thought
What if this heaven is not all we've got ?
Adam was stubborn
and honestly a bit naïve...",

À suivre, au fur et à mesure sur la page Zabaltuna.

"Le poème continuera durant les jours à venir et les images aussi, mais à un rythme moins accéléré. Une image toutes les deux heures, c'est du suicide", rigole-t-il.

Une campagne qui dépasse les frontières

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Aperçu de la campagne "Zabaltuna"
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Cette fois, Oussama a aussi élargi son champs d'action. Cette nouvelle campagne artistique ne traite pas que de la Tunisie, "Le problème de la violence à l'encontre des femmes est un fléau qui dépasse les frontières", souligne Oussama. C'est pourquoi, ses "photos sont maintenant hors courant orientaliste et que les messages sont de différents pays du monde", explique-t-il encore.

"24 hours of Violence" est lancé deux jours avant la journée internationale en question, une façon d'avoir de la matière prête à l'usage le jour-j, "qui pourrait être utilisée par n'importe qui pour dénoncer le problème durant la journée du 25 novembre".

Mais Mohamed Oussama Houij ne s'arrêtera pas là, il continuera à diffuser ses images jusqu'à atteindre son objectif: une image pour chaque pays du monde, 195 en tout, espère-t-il.

"J'ai choisi de donner à ce projet une dimension internationale, parce que je vois que chaque pays fait face à une version du même problème. C'est pour cela que j'ai aussi choisi de travailler sur un support qui dépasse l'ethnie, le pays et les croyances de chacun, afin de traiter le problème en tant qu'humanitaire, rien d'autre".

Son objectif ultime est "qu'on arrête de dire 'ce sont les autres', 'on n'a pas de ça chez nous', etc., car c'est un problème qui touche à l'humanité entière", révèle Oussama, "D'ailleurs, c'est pour cette raison que le poème tourne autour d'Adam et Eve".

"C'est ma façon à moi de tourner au ridicule ce qui se dit quand on parle de violence conjugale ou d'autres formes de violence et quand on rejette le problème sur d'autres pays ou d'autres cultures", ajoute-t-il.

Et si vous regardez bien, vous trouverez un message caché sur chaque image, traduit dans la langue du pays concerné.

Retour sur une campagne à succès

Après le succès fou qu'a rencontré sa campagne "Zabaltuna", Oussama signera désormais ses créations, mais d'une façon bien particulière, "Beaucoup de pages ont repris les images que j'ai créées, en se les appropriant. Pour moi, ce sont des gens en soif de 'j'aime', et cela m'a déçu. J'ai eu l'impression qu'on me coupait l'herbe sous les pieds, que mon énergie se dispersait, alors qu'il suffit de cliquer sur le bouton 'share' ", regrette-t-il.

C'est là qu'il a décidé d'intégrer des signatures... cachées, ne voulant pas ruiner l'esthétique de ses images avec "un gros Zabaltuna".

"Cela va parfaitement avec mon soucis 'visuel', donc je l'ai fait et j'avoue que sur quelques unes, j'ai pris un plaisir énorme à bien les cacher", continue-t-il, "Maintenant, les 'vols' ne s'arrêteront pas, mais au moins, je sais que derrière, il y aura toujours une personne qui va leur lancer à la face 'mais tu t'appelles pas Zabaltuna!' ".

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