Visa for Music: Ceci n'est pas un festival (mais la rencontre des professionnels de l'industrie musicale)

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MUSIQUE - Lorsque les spectateurs assistent aux concerts prévus pendant le salon Visa for Music, ils ignorent peut-être que des yeux et des oreilles les accompagnent dans la salle, non pas pour le plaisir mais pour évaluer les artistes. Ces professionnels de la musique venus de différentes villes du Maroc, mais aussi d’autres pays, viennent ainsi à Rabat pendant les quatre jours de l’événement pour faire leur marché.

Représentants de labels, programmateurs de festival, ou encore directeurs artistiques savent qu’ils pourront découvrir de belles voix et de nouveaux visages de la musique parmi les artistes de 85 pays différents, sélectionnés par les cinq membres du jury de Visa for Music.

“Ces professionnels trouvent des collaborateurs, invitent des médias, et trouvent des artistes qu’ils n’auraient pas eu le temps de voir en concert chacun dans leur pays,” explique au HuffPost Maroc Younes Boumehdi, président de la fondation Hiba, partenaire du salon.

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Cette année, plus de 1042 candidatures ont été reçus et seulement une cinquantaine ont été retenues pour pouvoir se produire dans les différentes scènes du salon et avoir la chance de participer aux formations et ateliers prévus. "Nous avons des représentants partout dans le monde ce qui nous permet d'avoir des candidatures très variées. La sélection se fait ensuite sur un mois en essayant de faire de la place pour chaque style", explique mercredi, le directeur et fondateur de Visa for Music, Brahim El Mazned lors de la conférence de presse.

Les artistes, ou leur label, financent donc eux-mêmes leurs déplacements en espérant décrocher des dates pour des festivals ou concerts. “Les artistes marocains mais aussi régionaux, cherchent des financements et se débrouillent pour venir ici parce qu’ils savent que c’est plus compliqué pour eux d’aller à d’autres marchés internationaux”, souligne Younes Boumehdi.

"Des plateformes comme celle-ci, il y en a une trentaine dans le monde, mais ils choisissent de venir à Visa for Music. C'est un investissement pour eux puisqu'ils pourront y gagner des dates", ajoute Brahim El Mazned.

Quelques 300 concerts ont été vendus grâce à Visa for Music depuis sa première édition. Des petites entreprises qui travaillent dans l’industrie musicale ont également été créées et des investissements initiés notamment par des studios d’enregistrement, comme l'a souligné Brahim El Mazned lors de la conférence de presse.

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En 2016, quelques 500 speed-meetings ont permis aux artistes et professionnels de se recontrer. Le Visa for Music avait aussi réussi à attirer en quatre jours, 15.000 spectateurs, 72 exposants, 223 artistes représentants 70 pays différents pour les 40 concerts prévus.

Cette année, 1.200 professionnels sont attendus lors d’une vingtaine de rencontres autour du développement de l’industrie musicale, notamment le soutien à la culture au Maghreb et Moyen-Orient, les enjeux actuels et futurs des industries créatives ou encore la culture comme un facteur de paix. Des ateliers de management culturel, de storytelling, et de logistique des programmations de spectacle sont également prévus.

Les artistes et leurs agents pourront aussi apprendre à se vendre en 10 minutes et à élargir leur réseau professionnel lors des séances prévues de speed-meeting organisées jeudi et vendredi au théâtre national Mohammed V.

En attendant un partenariat avec le BMDA

Une programmation intense où les concerts ne sont pas forcément le premier attrait de l’événement. Visa for Music ne s’est jamais décrit comme un festival et pensait jusque-là être exempté des charges de droits d’auteurs. Mais le Bureau Marocain des Droits d’Auteur a rappelé les organisateurs à l’ordre en convoquant, le 17 novembre, le directeur du Théâtre National, où ont lieu la majorité des concerts de l’événement, au tribunal de première instance.

Le BMDA avait accusé le théâtre de ne pas avoir reçu d’autorisations de leur part pour donner ces performances et avait appelé à l’arrêt des activités de Visa for Music, comme l’ont expliqué Brahim El Mazned et Younes Boumehdi lors de la conférence de presse.

“Nous avons toujours dit que nous voulons payer les droits d’auteur mais nous aimerions d’abord savoir où ira cet argent”, déclare Brahim El Mazned. Malgré cette tension, le directeur de Visa for Music, qui a un partenariat avec la Société des Auteurs, Compositeurs et Éditeurs de Musique (SACEM) basée en France, admet toujours vouloir un partenariat avec le BMDA.

"Chaque année, nous offrons au BMDA un stand parmi les exposants pour qu’ils puissent rencontrer les artistes et leur donner plus d‘informations sur leur droits… J’espère qu’on arrivera à développer à vrai partenariat avec eux, et résoudre ce problème qui bloque principalement les redevances aux artistes”, explique au HuffPost Maroc El Mazned qui s’est récemment entretenu avec le directeur de la BMDA à ce sujet.

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