Tunisie: La campagne choc contre les violences faites aux femmes qui fait polémique

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"Elle oubliera en grandissant'", "Elle doit préserver son foyer'", "C'est son destin, elle n'y peut rien'", ce ne sont que des phrases trop souvent recensées auprès des femmes violentées pour les sommer d'accepter cette violence.

Accompagnées par le hashtag "Y en a marre" ("Fadina"), ces phrases sont devenues les slogans de la campagne “16 jours d’activisme contre la violence faite aux femmes” initiée par le Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) avec l'Union Nationale de la Femme Tunisienne (UNFT) et d'autres organisations. (vidéo ci-dessous)

Misant sur des phrases chocs, la campagne a provoqué une polémique entre les pour et les contre: ceux qui estiment que surfer sur le second degré n'est pas compréhensible pour le large public et d'autres qui considèrent que l'effet électro-choc est bénéfique pour comprendre l'aspect pernicieux de la violence contre les femmes. (ci-dessous)

Intervenant sur les ondes de Mosaïque FM, Rim Filali, de l'UNFPA a clarifié les dessous de ce teasing, en revendiquant son aspect sciemment provocateur pour "que les gens voient la réalité en face". Pour elle, la violence demeure "banalisée". Et d'ajouter: "Nous incitons les gens à sortir de leur zone de confort quitte à les choquer".

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La représentante de l'UNFPA a précisé par ailleurs que la campagne continue avec d'autres actions à venir étant donné que le 25 novembre est la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’encontre des femmes.

La ministre de la Femme, de la Famille et de l'Enfance, Naziha Laabidi, s'est dite, quant à elle, surprise par cette campagne en précisant qu'elle a été conçue "sans coordination avec l'État". Et d'ajouter que "chacun a sa stratégie" en la matière.

À noter que le dernier rapport du CREDIF fait état de plus de 50% de femmes victimes de violences dans l'espace public, 8 sur 10 ont fait l'objet de violence sexuelle et 60 % subissent des violences conjugales, soit 10% de plus qu'en 2010.

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