Béji Caïd Essebsi aurait reçu des menaces de mort depuis d'autres pays musulmans "pour avoir osé proposer l'égalité" selon FranceInfo

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BEJI CAID ESSEBSI
Tunisia's President Beji Caid Essebsi arrives to meet Italy's Prime Minister Paolo Gentiloni at the Chigi Palace in Rome, Italy, February 8, 2017. REUTERS/Alessandro Bianchi | Alessandro Bianchi / Reuters
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Dans une interview accordée à FranceInfo, le président de la RépubliqueBéji Caid Essebsi revient sur l'égalité hommes-femmes, les récentes réformes, ainsi que sur la situation globale en Tunisie.

"La femme tunisienne a beaucoup évolué, pas uniquement dans la capitale, mais aussi dans les régions intérieures" déclare-t-il à Samah Soula, grand reporter à France 2, qui l'a interviewé.

Dans une vidéo intitulée "Tunisie, vers l'égalité des sexes", publiée sur francetvinfo.fr, France Télévisions montre les grandes lignes de cette rencontre.

Le président estime que les réformes récentes en matière de droits des femmes n'ont rien de religieux mais sont imposées par la constitution de 2014, dont l'article 2 stipule "clairement un État civil et non islamique".

"J'ai l'obligation de respecter la constitution dont les dispositions s'orientent vers l’égalité hommes-femmes" a-t-il ajouté.

"La femme tunisienne est libre de se marier avec qui elle veut, et puis, l'obliger à se marier à un musulman, est chose dépassée" déclare Béji Caid Essebsi, s'adressant à la journaliste française.

S'agissant de l'égalité dans l'héritage, FranceInfo affirme que le président Essebsi a reçu des menaces de mort depuis d'autres pays musulmans. "Nous n'avons pas la prétention d'exporter ce que nous faisons. Nous agissons pour la Tunisie, et je suis convaincu que cela va dans l’intérêt de l'avenir de la Tunisie. Un pays où la société est majoritairement constituée de jeunes" déclare-t-il.

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Du côté du problème que pose le retour des djihadistes tunisiens, le président estime qu'il faut rester vigilant au milieu de toutes ces menaces terroristes qui planent constamment sur la Tunisie. "Nous n'avons pas la tradition du terrorisme, ni de traditions pour comment le combattre. La Tunisie est beaucoup moins menacée maintenant qu'en 2015" a-t-il dit.

Répondant à la question de la protection de la frontière tuniso-libyenne, le président a déclaré que les autorités ont fait de leur mieux afin de protéger les 450 km de frontières, annonçant un projet de contrôle de celles-ci en coopération avec l'Allemagne et les États-Unis, qui permettra, dans les mois qui viennent, d'améliorer d'avantage la situation sécuritaire de la frontière.

Quant à la place de la France dans sa coopération avec la Tunisie, Béji Caid Essebsi nie une quelconque diminution de l'appui français, assurant que les deux pays coopèrent toujours de façon normale. "J'espère que la coopération franco-tunisienne s'intensifiera avec la visite prochaine du président Emmanuel Macron qui sera une occasion pour développer notre partenariat" a-t-il ajouté.

"En dépit de tout ce qu'on pourrait dire, la France reste notre premier partenaire, dans tous les domaines" conclut Béji Caid Essebsi.

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