Ce que l'on sait de l'incendie meurtrier qui s'est déclaré à El Youssoufia

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INCENDIE
Une des photos du lieu sinistré dans le quartier Rachad, à El Youssoufia à Rabat. | DR
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FAIT-DIVERS - Une odeur de brûlé a réveillé les habitants du quartier Rachad d’El Youssoufia à Rabat, ce mercredi 22 novembre, vers 22h. Une habitation venait de prendre feu alors que trois enfants, trois soeurs, étaient piégées à l’intérieur dans une fumée asphyxiante. La protection civile, arrivée sur les lieux une demi-heure plus tard, a pu maîtriser l’incendie permettant ainsi de libérer les petites des flammes et de les emmener aux urgences. Alors qu'une enquête a été ouverte pour déterminer ce qui a déclenché l'incendie, quelques voisins évoquent le fait que leur mère était sortie du domicile au moment du drame, et soulignent qu'elle aurait pris soin d'enfermer ses filles en son absence.

La mère, âgée de 28 ans, est une habituée de l’hôpital des enfants de Rabat, nous indique-t-on sur place. "Tout le monde la connait à l’assistance sociale, c’est une mère célibataire, droguée, alcoolique, qui vient très régulièrement ici depuis deux ans”, révèle au HuffPost Maroc Amina Bouqdir, assistante sociale en chef à l’Hôpital des enfants de Rabat. "Nous lui venons en aide à chaque fois en lui donnant de la nourriture, des vêtements… Nous l’aidons aussi sur le plan psychologique parce qu’elle en a besoin", souligne-t-elle en décrochant une photo d’elle et de ses trois filles du tableau en liège du service où figurent les visages d’une centaine de patientes.

“Nous avons essayé maintes fois de lui suggérer de laisser ses enfants à l’orphelinat mais elle refusait catégoriquement. "Mes enfants, c’est ma vie", nous disait-elle. "Sans mes enfants je n’ai plus rien", raconte Amina Bouqdir. Cette dernière explique que malgré les conditions de vie de ces trois enfants, l’assistance sociale ne pouvait pas les retirer de leur mère. "Des cas comme ça, on en voit tous les jours: des enfants maltraités, battus, abusés sexuellement…”, déclare l’assistante sociale."Mais nous n’avons pas le droit d’intervenir comme ça, il nous faut une autorisation du procureur du roi. C’est une procédure très compliquée”, se désole l'assistante sociale.

Le drame a déjà coûté la vie à l'aînée des fillettes. Admise à l’hôpital des enfants de Rabat, l’aînée, âgée d’à peine 8 ans, n’a pas pu survivre suite à l’inhalation de la fumée. Une de ses deux jeunes soeurs est actuellement en réanimation dans le même hôpital, tandis que l’autre a été transférée en réanimation chirurgicale à l’hôpital Avicenne. Toutes les deux souffrent de brûlures de troisième degré et sont dans un "état très critique" d’après ce qu’ont confié, le visage fermé et grave, quelques membres du personnel des deux hôpitaux au HuffPost Maroc.

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