Régularisation de migrants au Maroc: 25.600 dossiers déposés en 2017

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Régularisation de migrants: 25.600 dossiers déposés en 2017 | REUTERS/Stringer
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IMMIGRATION - Depuis le lancement, en décembre 2016, de la deuxième phase de régularisation de migrants au Maroc, 25.600 demandes ont été déposées, indique au HuffPost Maroc Driss El Yazami, président du Conseil national des droits de l'Homme (CNDH) ce mercredi 22 novembre.

"Nous avons enregistré environ 25.600 dossiers, une majorité émanant d'hommes (un peu plus de 52%) et autour de 9% de mineurs", nous confie-t-il en marge de la première réunion de la Commission nationale de suivi et de recours, qui étudie les dossiers soumis par les étrangers en situation irrégulière aux commissions provinciales de régularisation. "Les grandes villes, Casablanca et Rabat, sont les principales concernées par ces demandes", précise-t-il.

La Commission nationale de recours tenait sa première réunion ce mercredi au siège du CNDH à Rabat. Outre Driss El Yazami, président de la commission, se trouvaient le ministre délégué chargé des Marocains résidant à l'étranger et des Affaires de la migration, Abdelkrim Benatiq, le directeur de la migration et de la surveillance des frontières au ministère de l'Intérieur, Khalid Zerouali, et des membres de la commission représentant différents départements ministériels et la société civile.

Corriger les incohérences

"Le but de cette première réunion était de faire le point sur l'état d'avancement de la deuxième opération de régularisation exceptionnelle lancée par le roi l'année dernière, car nous sommes presque à la fin", explique M. El Yazami. Les migrants en situation irrégulière ont en effet jusqu'à décembre 2017 pour déposer leurs dossiers. Une deuxième réunion de la commission devrait se tenir en janvier 2018 pour faire le point.

"Les membres de la commission ont présenté aussi leurs remarques sur le déroulement de cette campagne, en relevant parfois certaines incohérences qui, nous l'espérons, seront corrigées avant la fin de l'opération de régularisation", ajoute le président du CNDH. L'objectif de cette réunion était en effet de débattre des critères généraux qui devraient être retenus lors de l'examen des recours individuels, afin d'élargir, à la fin de l'opération, le nombre de personnes régularisées.

"Lors de la première opération de régularisation, la commission de recours avait par exemple préconisé la régularisation systématique des femmes, des enfants, des conjoints des personnes mariées à un Marocain ou à un étranger régularisé", rappelle M. El Yazami. "L'idée aujourd'hui était de voir quels sont les principes, en matière de droits de l'Homme, qu'il faut absolument affirmer, par exemple le droit de vivre en famille, l'intérêt supérieur de l'enfant, etc.", détaille-t-il.

Toucher "le maximum de personnes"

S'il est "encore trop tôt" pour dresser le bilan de cette deuxième opération de régularisation, selon le président du CNDH, celle-ci doit toucher "le maximum de personnes". L'objectif est aussi de faire en sorte que le Maroc devienne "le premier pays africain qui traite sérieusement la question de la migration, une question qui devient importante au niveau des pays du sud", estime-t-il.

"Les flux migratoires sont en effet à plus de 50% sud-sud. Nous devons donc bien évidemment critiquer les pays du nord lorsqu'ils ne respectent pas les droits fondamentaux de l'être humain, mais nous devons aussi faire notre travail au niveau national. C'est le cadre philosophique qu'il faut appliquer", conclut le président du CNDH.

En 2014, une première opération de régularisation de migrants avait permis à 18.000 personnes en situation irrégulière d'obtenir un titre de séjour pour rester légalement sur le territoire marocain, sur environ 28.000 dossiers déposés. La plupart des étrangers régularisés provenaient de pays subsahariens.

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