L'une des accusatrices de Tariq Ramadan décrit sa "pression psychologique cruelle"

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RAMADAN TARIQ
Mike Segar / Reuters
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HARCÈLEMENT SEXUEL - "Pendant trois ans, il a continué à me harceler psychologiquement." Elle est la deuxième victime présumée de Tariq Ramadan, qu'elle accuse de viol. Dans un entretien au journal Marianne, celle qui est présentée sous le nom d'emprunt de "Christelle" évoque la difficulté à porter l'affaire devant la justice, mais également les années de détresse psychologique que le théologien lui a fait endurer après les faits.

Christelle accuse Tariq Ramadan de lui avoir fait vivre un véritable calvaire après son agression, notamment pour la contraindre au silence. "C'est des menaces, des intimidations, des gens qui vous menacent de mort, des e-mails par centaine de menaces de mort et d'insultes", confie-t-elle à BFMTV. Dans Marianne, la victime présumée décrit "une pression psychologique cruelle, très intense, qui (l') a amenée à une tentative de suicide."

Elle évoque également une phrase, qu'un inconnu lui aurait soufflé à une terrasse: "Arrête tout, ou tu finiras suicidée dans la Seine". Ce sera la goutte de trop: Christelle renonce à poursuivre en justice son agresseur présumé et choisit de se taire pendant huit ans.

Le déclic du premier témoignage

Pourtant, rapidement après le viol qu'elle dit avoir subi, Christelle a voulu porter plainte. Elle confie d'ailleurs son intention à Caroline Fourest, qu'elle rencontre quelques mois après son agression sur le plateau de "Ce soir ou jamais". La chroniqueuse est invitée à débattre avec le théologien et Christelle, qui veut affronter son agresseur, est présente.

Mais son projet n'aboutira pas. "Arrivée devant deux policiers à l'entrée du commissariat, je leur ai dit: 'Je viens porter plainte. J'ai été violée par Tariq Ramadan'. Ils m'ont dévisagée (...), j'avais l'air d'une folle. Je me suis mise à pleurer et je suis repartie", confie-t-elle à Marianne.

Comme elle le raconte à l'hebdomadaire, il aura fallu le témoignage d'Henda Ayari pour lui donner le courage de lancer finalement la procédure. "Je suivais la campagne #balancetonporc. Plusieurs fois par jour, je regardais si quelqu'un dénonçait Tariq Ramadan. J'ai commencé plusieurs fois à écrire un tweet. Je ne l'ai jamais validé. Un jour, j'ai vu le message de cette femme. Et je me suis dit: 'Maintenant faut y aller. Tu ne peux pas la laisser toute seule.' Je n'aurais pas pu me regarder en face."

Deux plaintes pour viol visent désormais Tariq Ramadan, qui a dénoncé des "accusations fausses".

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