Un nouveau centre d'hébergement pour femmes battues ouvre ses portes à Kairouan

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AngiePhotos via Getty Images
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Un nouveau centre d'hébergement destiné à accueillir des femmes victimes de violence a été inauguré, ce mercredi 22 novembre 2018, à Sbikha, au gouvernorat de Kairouan, en présence de Naziha Laabidi, ministre de la Femme, de la Famille et de l'Enfance.

Ce centre a pour but d'abriter et d'apporter un soutien psychologique et social aux femmes battues qui se trouvent sans aucun support familial, a précisé la ministre dans une déclaration accordée à Jawhara Fm. D'après l'article 46 de la constitution tunisienne, l'État s'engage à protéger les droits acquis de la femme, à les soutenir et à œuvrer à les améliorer, a-t-elle ajouté.

Elle a précisé qu'actuellement il existe six centres d'hébergement en plus de deux autres centres d'hébergement et d'écoute. La capacité d’accueil de chaque centre s’élève à une quinzaine de places Ces espace de vie offrent un ensemble de services qui aideront les femmes battues à se reconstruire et à reprendre le contrôle de leur vie. Elle a ajouté qu'un numéro vert (1899) a été également mis à la disposition de toute personne victime de violence.

La ministre a saisi, d'ailleurs, l'occasion pour appeler les femmes rurales travaillant dans le domaine agricole à payer une participation de deux dinars par mois à la CNSS pour bénéficier d’une pension de retraite. Une mesure qui entre dans le cadre de la stratégie nationale adoptée en août dernier en faveur des femmes rurales.

Naziha Laabidi a fait savoir, par ailleurs, dans le cadre d'une réunion tenue lundi à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, célébrée le 25 novembre de chaque année, que le dernier rapport de la Banque mondiale a révélé que 700 millions de femmes dans le monde ont subi, au moins une fois dans leur vie, une forme de violence, notamment en milieu familial, et que 4 femmes sur 5 à besoins spécifiques dans le monde subissent la violence en silence. C’est la raison pour laquelle le ministère a traduit le texte de loi relatif à la lutte contre la violence à l’égard des femmes en anglais, en français et en écriture braille pour permettre au maximum de femmes en Tunisie et dans le monde de prendre connaissance du contenu de cette loi, a indiqué la ministre.

La directrice générale des affaires de la femme au ministère de la Femme, Imen Zahouani Houimel, a noté que le ministère ambitionne de créer des centres d’accueil dans toutes les régions du pays, faisant observer que l’année 2018 verra l’ouverture de deux autres espaces.

Par ailleurs, la responsable a signalé que la période d’hébergement dans les centres dépasse, généralement, la durée fixée et atteint parfois les 9 mois d’où l’importance, a-t-elle dit, de réfléchir à des programmes de réintégration sociale et économique.

Selon une étude datant de 10 ans et portant sur les cas de violence faite aux femmes, c’est surtout à Kairouan et à l’Ariana où le nombre de femmes battues réclamant une demande de prise en charge est le plus important. En effet, entre 2006 et 2008, 725 femmes dont 455 mariées et 270 célibataires à Kairouan ont été prises en charge pour violence.

Environ 50% des femmes tunisiennes déclarent être victimes de violences, révèle la ministre de la Famille et de l’enfance Naziha Laabidi en se référant aux résultats d'une étude menée en début d'année par son département concernant les violences faites aux femmes.

Le Centre de recherches, d’études, de documentation et d’information sur la femme (CREDIF) s'est également penché sur la violence faites aux femmes et a dévoilé que 53.5% des femmes tunisiennes ont été victimes de violence dans les espaces publics.

Plus de la moitié ont lieu dans le cadre familial (53%), et surtout 81% des victimes déclarent ne pas avoir porté plainte après ces violences, lesquelles touchent principalement les divorcées (57%), souligne une autre étude publiée en 2015.

La Tunisie est le premier pays arabe à avoir criminalisé la violence contre la femme, avec le Code du statut personnel de 1956.

Adoptée début 2014, la Constitution dispose que "les citoyens et les citoyennes sont égaux en droits et en devoirs" et que l'État s'engage à protéger et améliorer les droits de la femme.

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