Un marché parallèle de l'immobilier s'est installé en Tunisie, annonce Fahmi Chaabane, président de la Chambre syndicale nationale des promoteurs immobiliers

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Tunisian builders work at the construction site of a new marketplace on December 15, 2015, in the impoverished central town of Sidi Bouzid, three days ahead of the fifth anniversary of the self-immolation of Mohamed Bouazizi, a young street vendor, which sparked the revolution that ousted a dictator and ignited the Arab Spring. Five years after triggering the Arab Spring, Tunisians doggedly pursue a democratic transition while other countries remain gripped by violence and repression. AFP PHOT | FETHI BELAID via Getty Images
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L'immobilier en Tunisie, un secteur agonisant qui connait depuis quelques années de nombreuses difficultés. Avec des prix qui ont grimpé en flèche, certains se heurtent à une douloureuse réalité et se trouvent incapables d'acheter un bien immobilier adapté à leur situation.

Une crise qui risque d'empirer notamment avec le projet de loi des Finances pour l'année 2018. En effet, ce dernier prévoit une hausse de la TVA de 19% sur la vente de tout logement. Une mesure qui pourrait faire augmenter de plus de 10% les prix des logements et des loyers et favoriser ainsi le marché parallèle, et les intrus au secteur, a regretté le président de la Chambre syndicale nationale des promoteurs immobiliers (CSNPI), Fahmi Chaabane, dans une interview accordée ce mercredi 22 novembre 2017 à Shems Fm.

D'après lui, la hausse du taux d'imposition et l'augmentation des prix des matériaux et de la main d'oeuvre constituent un fardeau lourd pour les promoteurs immobiliers et les acheteurs potentiels. Il a affirmé que le secteur déjà souffrant se trouve menacé par le fléau du marché parallèle. Il a expliqué que des pseudo-promoteurs se bousculent sur le marché de l'immobilier pour attirer plus de clients et payer moins d'impôts en ayant recours à des manoeuvres frauduleuses. Il a fait savoir que ces derniers n'hésitent pas à faire du trafic pour modifier certaines données dont celles relatives à la conformité des travaux. Il a expliqué que plusieurs anomalies ont été observés dissimulant la valeur réel du bien vendu. "Par exemple, certains enregistrent leurs biens à la recette des finances à 200 mille dinars alors qu'ils valent réellement plus de 500 mille dinars" a-t-il précisé.

Selon le président de la CSNPI, c'est ce genre de tentations qui sont en train de ternir l'image de la profession et des professionnels qui payent leurs impôts convenablement et sont soumis aux règlements et aux contrôles fiscal, administratif et municipal.

Il est à rappeler que la Commission des finances, de la planification et du développement à l’ARP a refusé d’adopter l’article 28 de la loi des finances (LF) 2018 qui prévoit de soumettre l’acquisition d’un logement auprès des promoteurs immobiliers à une TVA de 19%.

La Commission a demandé aux représentants du ministère des Finances d’amender cet article de manière à prendre en considération la situation foncière dans le pays, d’une part, et les ressources de l’État, d’autre part, sachant que l’État aspire à mobiliser des ressources financières estimées à 10 millions de dinars à travers cet amendement.

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