Drame de Sidi Boulaalam: Pour l'imam Abdelkebir Al Hadidi, "c'est la volonté de Dieu"

Publication: Mis à jour:
Imprimer

DRAME - Dimanche dernier, une distribution alimentaire a tourné au drame dans la petite commune rurale de Sidi Boulaalam, à 70km d'Essaouira, où des bousculades ont provoqué la mort de 15 femmes et ont fait 10 blessées.

Sidi Boulaalam, qui compte 8.000 habitants, devait accueillir une opération de distribution de denrées alimentaires de trois jours. Près de 5.000 personnes, majoritairement des femmes, ont afflué vers la commune afin de récupérer un panier d'une valeur de 150 dirhams, contenant des produits de première nécessité. Selon des témoins sur place, beaucoup ont fait le déplacement pour toucher la "baraka" du cheikh Abdelkebir Al Hadidi qui organisait cette opération de charité depuis plusieurs années.

Ce dernier s'est exprimé devant la caméra de Kifach TV, déclinant toute responsabilité dans ce drame qu'il qualifie de "douloureux, regrettable et inattendu". "On ne m’a pas interpellé, contrairement à ce qui a été dit dans certains médias. Je suis un bienfaiteur légalement protégé, et je suis connu pour être généreux", tient encore à souligner le cheikh au micro de nos confrères.

"La volonté de Dieu"

"C'est la volonté de Dieu", poursuit Abdelkebir Al Hadidi, qui dit avoir organisé cet événement pour "apporter de la joie aux gens et non les endeuiller". "Nous avions pris toutes les mesures nécessaires pour organiser cette initiative de bienfaisance que nous tenons chaque année. Pour cette fois, nous nous étions mieux préparés et nous l’avions mieux planifiée. J’ai bien eu l’autorisation. Il s’agit d’une action que je mène depuis 5 ans et il est inconcevable que je le fasse sans en informer les autorités et avoir leur aval. J’en ai la preuve et notre association est reconnue".

D'après lui, la bousculade aurait eu lieu à l'extérieur de l'entrée menant à l'espace où devait avoir lieu la distribution, encadrée par la gendarmerie royale et des forces auxiliaires. Il affirme qu'il se trouvait dans cet espace, non loin de la foule avant d'être alerté des pertes de connaissance et des bousculades parmi les groupes de femmes présentes. "D'autres disaient qu'il y avait des décès mais ils n'ont été confirmés qu'après l'arrivée des ambulances. J'ai alors suspendu la distribution, mais je n'ai rien vu de toute cela", ajoute-t-il.

S'il n'impute pas directement la faute à ces femmes, il déclare cependant que les bousculades ont eu lieu car "elles n'étaient pas organisées", ajoute que jamais de tels incidents n’ont eu lieu au cours des actions organisées les précédentes années.

Le ministre de l’Intérieur, Abdelouafi Laftit, a affirmé hier aux députés de la chambre des conseillers, lors de la séance hebdomadaire des questions orales, qu’une enquête judiciaire et une autre administrative, menée par l’inspection générale du ministère de l’Intérieur, sont en cours. "Les investigations se poursuivent en ce moment et les résultats seront rendus publics", a-t-il promis.

LIRE AUSSI: