Poutine vante les succès militaires d'Assad avant un sommet avec l'Iran et la Turquie

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POUTINE ET ASSAD
SOCHI, RUSSIA - NOVEMBER 21, 2017: Syria's President Bashar al-Assad (2nd L), Russia's President Vladimir Putin (C back), Russia's Defence Minister Sergei Shoigu (C front), and his first deputy, Chief of the General Staff of the Russian Armed Forces Valery Gerasimov (R) during a meeting at Bocharov Ruchei residence. Mikhail Klimentyev/Russian Presidential Press and Information Office/TASS (Photo by Mikhail Klimentyev\TASS via Getty Images) | Mikhail Klimentyev via Getty Images
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Vladimir Poutine a vanté mardi, à la veille d'un sommet avec l'Iran et la Turquie, les succès militaires du président syrien Bachar al-Assad, qu'il a reçu au moment où selon lui la guerre menée par Damas et l'armée russe "touche à sa fin".

"Plus de 98% du territoire syrien se trouvent sous contrôle des forces gouvernementales syriennes. Les terroristes ont encore des foyers de résistance mais ils s'éteignent vite", a insisté le président russe en recevant son homologue tchèque Milos Zeman.

Le maître du Kremlin, principal soutien du régime syrien, multiplie les contacts à quelques jours de nouveaux pourparlers sous l'égide de l'ONU prévus à Genève le 28 novembre, avec l'objectif de mettre fin à une guerre qui a fait au moins 330.000 morts en six ans et des millions de déplacés.

Il réunit mercredi ses homologues turc Recep Tayyip Erdogan et iranien Hassan Rohani dans la station balnéaire de Sotchi (sud-ouest), où Bachar al-Assad s'est rendu pour sa première visite en Russie, et à l'étranger, depuis octobre 2015.

C'était alors juste après le lancement de l'intervention militaire russe qui a constitué un tournant dans le conflit, permettant à Bachar al-Assad de reprendre l'avantage face aux rebelles et aux jihadistes.

Son entretien surprise avec Vladimir Poutine, qui a eu lieu lundi mais n'a été rendu public que mardi matin, le replace dans le jeu diplomatique au moment où s'intensifient les contacts diplomatiques sur le dossier.

Selon les images retransmises à la télévision, le maître du Kremlin a "félicité" le président syrien pour ses résultats dans la lutte contre le terrorisme, proche d'une défaite "inévitable et définitive".

"En ce qui concerne notre travail commun dans la lutte contre le terrorisme en Syrie, cette opération touche à sa fin", a-t-il assuré. "Je pense qu'il est maintenant temps de passer au processus politique".

Il compte s'entretenir mardi au téléphone avec le président américain Donald Trump et plusieurs chefs d'Etat de pays arabes.

'Phase active'

"Nous ne voulons pas regarder en arrière et nous sommes prêts à un dialogue avec tous ceux qui souhaitent vraiment aboutir à un règlement politique", a souligné pour sa part Bachar al-Assad, selon ses propos traduits en russe, remerciant le président russe pour l'aide de la Russie dans la défense "de l'intégrité territoriale et de l'indépendance" de la Syrie.

Lancée en 2015, l'intervention militaire russe en Syrie a changé la donne en permettant notamment à l'armée syrienne de ravir au groupe jihadiste Etat islamique (EI) la cité antique de Palmyre et chasser les rebelles de leur bastion d'Alep, dans le nord.

Les forces du régime syrien ont chassé dimanche soir les jihadistes de Boukamal, dernier fief urbain en Syrie de l'EI qui a perdu la quasi-totalité de son territoire et dont le "califat" autoproclamé en 2014 s'est effondré.

"La phase active de l'opération militaire en Syrie s'achève. Bien qu'il reste toute une série de problèmes, cette étape arrive à sa conclusion logique", a estimé le chef d'état-major de l'armée russe Valéri Guerassimov, avec ses homologues iranien et turc à la veille d'un sommet des présidents de ces trois pays.

La Russie a également engagé les négociations d'Astana, qu'elle parraine avec l'Iran, autre allié de Bachar al-Assad, et la Turquie qui soutient les rebelles. Ce processus dans la capitale kazakhe a abouti à la mise en place des "zones de désescalade" dans les régions d'Idleb (nord-ouest), de Homs (centre), dans la Ghouta orientale, près de Damas, ainsi que dans le sud.

Ces mesures ont permis d'abaisser la tension sur le terrain mais Moscou cherche désormais, en réunissant à Sotchi les trois parrains de ce processus qui s'est concentré jusqu'à présent sur les questions militaires, à lui trouver un débouché politique.

'Yeux dans les yeux'

La rencontre entre Vladimir Poutine et Bachar al-Assad, "les yeux dans les yeux, a duré presque trois heures", a expliqué à la presse le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov. A la veille du sommet avec l'Iran et la Turquie, elle vise pour la Russie à "travailler avec le pouvoir syrien pour préparer le terrain et comprendre ce qui peut être décidé à Sotchi (mercredi), pour s'assurer que tout accord sera viable et ne s'évanouisse pas dans les airs."

La dernière initiative russe visant à réunir régime et opposition en Russie a été reçue froidement par les rebelles et aucune date n'a été fixée.

Toutes les tentatives de mettre fin à la guerre se sont pour l'instant heurtées au sort de Bachar al-Assad mais le président syrien, au pouvoir depuis 2000, apparaît désormais en position de force.

Les différentes factions de l'opposition syrienne se réunissent à partir de mercredi à Ryad pour unifier leurs positions en vue de la reprise le 28 novembre des négociations à Genève, qui doivent se concentrer sur la rédaction d'une nouvelle Constitution et la tenue d'élections.

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