Des affaires de viols collectifs se succèdent en Tunisie. Cette violence est-elle en recrudescence?

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Sad woman after abuse crying under the water in the shower | pecaphoto77 via Getty Images
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En Tunisie, les médias ont relaté ces derniers jours, des affaires de viols collectifs dont étaient victimes aussi bien des jeunes femmes qu'une vieille dame. Des affaires d'une violence inouïe qui ont provoqué un tollé sur les réseaux sociaux.

La première affaire remonte à mardi, 7 novembre, une femme de 27 ans a également été violée par trois individus. Ces derniers ont été identifiés et mis en détention. Jeudi, 9 novembre, une jeune femme âgée de 23 ans a été enlevée et violée par un groupe de trois hommes, à l'aube. La victime a livré son témoignage poignant dans l'émission Labess sur El Hiwar Ettounsi.

Capturée par quatre hommes, elle a été transportée dans un lieu désert puis violée par trois d'entre eux. À la violence engendrée par ce viol, la victime témoigne de sa peine face aux commentaires abjectes de certains l'accusant d'être une prostituée, d'avoir méritée un tel sort car elle ne devrait pas être dans la rue à une heure aussi tardive.

Pour la troisième affaire, nul ne peut soupçonner la victime, cette fois-ci, de se livrer des rapports sexuels tarifés car la victime a 86 ans. Elle s'appelle Khalti Salma, la vieille dame vivait seule dans son domicile à Kairouan. Dans la nuit du vendredi 17 novembre, des individus se sont introduits chez elle, l'ont violenté, violé puis tué. Les trois suspects ont été identifiés et l'un d'eux a été arrêté.

Réagissant à cette affaire, des associations dont l'association tunisienne des Femmes Démocrates (ATFD), la Ligue tunisienne des Droits de l'Homme (LTDH) ou encore le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) ont organisé une manifestation pour mettre en garde contre la recrudescence de la violence et soutenir les victimes de violences sexuelles et leurs familles. (vidéo ci-dessous)

Mounira Bergouthi, du centre d'écoute des femmes victimes des violences de l'ATFD a révélé en marge de la manifestation que les plaintes des victimes de violences sont de plus en plus nombreuses, mettant en garde contre l'amplification de ce fléau.

Les associations ont ainsi appelé l'État à appliquer avec rigueur la loi intégrale relative à l'élimination de la violence à l'égard des femmes. Selon ladite loi, l'auteur du crime de viol est passible d'un emprisonnement de vingt ans. Le viol est défini comme étant tout acte qui conduit à la pénétration sexuelle sans consentement, quelle que soit la nature et les moyens utilisés et quel que soit le sexe de la victime. La perpétuité est requise en cas d'utilisation de la violence ou des armes contre un enfant, fille ou garçon, âgés de moins de seize ans.

Une société violente qui induit de la violence

Ces crimes récurrents sont-ils en recrudescence? Pour le sociologue Moncef Wannes, "ces formes de violences ont certainement augmenté et résultent d'une société plus violente à bien des égards mais la médiatisation excessive et manipulée contribue à son amplification". Le spécialiste évoque une médiatisation qui surfe sur l'aspect sensationnel et ne traite pas le sujet de façon apaisée et approfondie.

"Ces viols reflètent une société sans repères qui crée le vide; un vide éducatif, politique, socio-économique et culturel, chez les jeunes notamment et qui est meublé par la violence", a alerté le sociologue.

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