Maroc: Plus du tiers des enfants ne bénéficie d'aucun niveau d'instruction

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Des enfants dans une école coranique à Tinghir, Maroc, le 11 juin 2017. | Youssef Boudlal / Reuters
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SCOLARITÉ - En cette journée mondiale de l’enfance, le Haut Commissariat au Plan (HCP) fait le point sur les enfants de moins de 18 ans au Maroc. S'appuyant sur le recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) de 2014, le HCP livre des chiffres clés pour présenter la situation démographique, de scolarisation, d’activité, de santé et de handicap de ces enfants.

En matière de droits de l'enfant, et notamment s'agissant de l'école, l'un des chiffres saillants du HCP est l'échec quant au niveau d'instruction accompli.

Décrochage scolaire

S'il est vrai que la population de 10-18 ans est moins touchée par l'analphabétisme que l'ensemble de la population (4,8% contre 32,2% en 2014), avec des jeunes filles plus exposées que les jeunes garçons (5,9% contre 3,8%), le niveau d'instruction reste pour le moins alarmant. 41,9% des enfants en 2014 sont ainsi sans instruction, tandis que 38,8% ont le niveau primaire, 14,8% le niveau secondaire collégial et 4,5% le niveau secondaire qualifiant.

Ce n'est pourtant pas la scolarisation qui est en cause, avec un taux de scolarisation des enfants de 7 à 12 ans de 95,1% au niveau national (97,8% en milieu urbain, et 91,6% en milieu rural), mais du côté de l'abandon scolaire que le bât blesse.

À ce titre, l'ancien ministre de l'Éducation nationale, Mohamed Hassad se voulait rassurant en juillet dernier, arguant que le nombre d'élèves ayant abandonné l'école durant l'année 2016-2017 avait baissé pour s'établir à près de 279.177, contre 329.618 élèves l'année scolaire précédente.

Travail des mineurs et mariages précoces

Un autre chiffre pour le moins inquiétant souligne qu'en 2014, parmi les enfants de 15 à 18 ans, ils étaient 26% à exercer une activité économique. Les plus jeunes ne sont pas non plus épargnés, puisqu'ils étaient près de 69.000 enfants âgés entre 7 et 15 ans à exercer une activité économique en 2014, principalement pour le secteur de l'agriculture en zones rurales, et pour les services, l'industrie et l'artisanat en zones urbaines.

Les mariages précoces, s'ils restent marginaux, existent toujours. Lors du dernier recensement, 0,8% des enfants en 2014, soit plus de 48.000 mineurs, avaient déjà été mariés avant l’âge de 18 ans. Un phénomène qui touche en grande majorité les filles, qui étaient près de 45.800 à être mariées, contre environ 2.500 garçons. Les mariages sont davantage contractés dans le milieu rural (55,9%) qu'urbain (44,1%).

"Malgré leur jeune âge, pas moins de 4.369 enfants sont des chefs de ménages. 81,5% sont des garçons et un peu moins des deux tiers habitent dans les villes (61,6%)", précise le HCP.

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