Le Hezbollah prêt à se retirer d'Irak après la défaite totale de l'EI

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NASSRALLAH
Beirut, LEBANON: Hezbollah secretary general Hassan Nassrallah (L) and anti-Syrian legislator General Michel Aoun meet for the first time at a church in the southern suburb of Beirut 06 February 2006. Lebanon pointed the finger at Syria after the Danish consulate was torched during violent protests over controversial Prophet Mohammed cartoons that left one rioter dead and led to the interior minister's resignation. AFP PHOTO/JOSEPH BARRAK (Photo credit should read JOSEPH BARRAK/AFP/Getty Image | JOSEPH BARRAK via Getty Images
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Le chef du mouvement chiite libanais du Hezbollah a indiqué lundi être prêt à retirer ses combattants d'Irak après la défaite totale du groupe Etat islamique (EI), acculé dans ses derniers réduits.

Dans un discours télévisé, Hassan Nasrallah a rappelé que son mouvement avait envoyé des "commandants" en Irak pour combattre l'EI, en coordination avec les autorités de Bagdad.

"Si nous jugeons que c'est fini, qu'il n'est plus nécessaire pour nos frères de rester là-bas, ils reviendront pour rejoindre d'autres théâtres" d'intervention, a-t-il lancé alors que les jihadistes ont été chassés de tous leurs centres urbains.

"Nous considérons que la mission a été accomplie, mais nous attendons l'annonce irakienne de la victoire finale", a souligné Hassan Nasrallah, dont le mouvement est également présent contre l'EI en Syrie voisine.

Les autorités de Bagdad ont annoncé vendredi avoir repris Rawa, dernière localité tenue par l'EI sur le territoire irakien.

En un peu plus de trois ans, l'organisation ultraviolente responsables d'exactions et d'attentats sanglants a vu son "califat" autoproclamé en 2014 sur de larges pans de l'Irak et de la Syrie s'écrouler quasiment totalement.

Après la perte de Rawa, ses hommes ne tiennent plus que 4% de l'Iran, selon un spécialiste irakien de l'EI interrogé par l'AFP, Hicham al-Hachemi.

Le chef du Hezbollah a, par ailleurs, démenti que son mouvement envoyait des armes vers des pays de la péninsule arabique, notamment au Yémen en guerre, comme l'en a accusé la Ligue arabe.

Le discours de M. Nasrallah intervient dans un contexte de tensions régionales accrues. Le Liban s'est retrouvé impliqué dans ce bras de fer quand le Premier ministre Saad Hariri a annoncé le 4 novembre sa démission surprise depuis l'Arabie saoudite, dénonçant lui aussi le rôle régional de l'Iran et de son grand allié le Hezbollah.

Poids lourd de la vie politique libanaise et représenté au gouvernement, le Hezbollah n'a pas déposé les armes après la guerre civile libanaise (1975-1990) à cause de l'occupation du sud par les Israéliens aui continuent d'occuper les fermes de Chebaa à ce jour. .

Dimanche, à l'issue d'une réunion ministérielle convoquée par l'Arabie saoudite, la Ligue arabe a accusé le Hezbollah "de financer et d'entraîner des groupes terroristes à Bahreïn" et "de fournir aux groupes terroristes dans les pays arabes des armes sophistiquées et des missiles balistiques".

Aussi, Hassan Nasrallah a dénoncé lundi ces accusations "ridicules". "Nous n'avons jamais envoyé d'armes au Yémen, à Bahreïn ou au Koweït", a-t-il dit. "Nous n'avons envoyé des armes vers aucun pays arabe. Ni des missiles balistiques, ni des armes sophistiquées".

Le chef du Hezbollah a également démenti toute implication de son mouvement dans un tir de missile balistique le 4 novembre vers Ryad depuis le Yémen, après des accusations saoudiennes en ce sens.

Le tir de ce missile -intercepté près de la capitale saoudienne- avait été revendiqué par des rebelles chiites yéménites, les Houthis, accusés d'être soutenus par l'Iran et qui sont la cible d'une offensive militaire emmenée par l'Arabie saoudite.

Au sujet de la grave crise politique au Liban, M. Nasrallah a une nouvelle fois réclamé lundi le retour de M. Hariri, qui se trouve à Paris et est attendu mercredi au Liban.

Ce dernier a laissé entendre qu'il serait prêt à revenir sur sa démission si le Hezbollah revenait ses engagements dans des conflits régionaux. "Nous sommes ouvert à tout dialogue, toute discussion dans le pays", a affirmé lundi M. Nasrallah.

Et s'adressant notamment à l'Arabie saoudite et à Bahreïn, qui a critiqué le "contrôle total" du Hezbollah sur le Liban, il a averti: "N'intervenez pas dans les affaires du Liban, comme ces ingérences flagrantes que nous avons vu ces deux dernières semaines".

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