Fatiguée mais largement soutenue, Hadda Hazem arrête sa grève de la faim

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Ahmed Sahara/HuffPost Algérie
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La directrice du journal Fadjr, Hadda Hazem, a mis fin lundi 20 novembre à la grève de la faim qu'elle a entamée il y a 8 jours, suite à un rassemblement de soutien à la maison de la presse à Alger où de nombreux intervenants l'ont appelée à arrêter la protestation.

Visiblement fatiguée, Mme Hazem est apparue aux côtés des membres du comité constitué il y a deux jours pour la soutenir. De nombreux journalistes et des membres de la société civile étaient également présents.

Les journalistes Hmida Ayachi, Malika Abdelaziz, Omar Belhouchet et Ihsane El Kadi ont successivement pris la parole pour exhorter "l’héroïne" Hadda Hazem à arrêter son action, considérant que son message est passé et que les autorités "ne méritent pas" la prise de risques inutiles.

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Mme Hazem a pour rappel entamé une grève de la faim pour dénoncer le retrait de la publicité publique de son journal El Fadjr. Elle affirme que les autorités lui font pression depuis l'été suite à des déclarations qu'elle a faites sur une chaîne de télévision étrangère, se demandant notamment "qui dirige le pays?". Hadda Hazem soutient qu'elle n'est plus en mesure de payer ses employés.

Pour Omar Belhouchet, directeur du quotidien El Watan, Hadda Hazem est une "véritable héroïne". "Elle ne demande pas l'aumône, elle déplore les pressions contre les voix libres en utilisant la publicité", a-t-il lancé.

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Le système de la distribution de la publicité publique à travers l'ANEP, a expliqué M. Belhouchet, est un monopole instauré en 1993 par le chef du gouvernement de l'époque, Belaid Abdeslam, pour "mater" la presse qui dérange le pouvoir.

"Ce modèle est arrivé à sa fin", a estimé Ihsane El Kadi, directeur du pôle éditorial d’Interface Médias, en rappelant que de "vrais journaux" ont été affaiblis en faveur de "faux journaux".

"El Fadjr est un vrai projet, détruit par les faux journaux du système ANEP", a-t-il martelé.

Plus tôt dans la journée, le ministre de la Communication Djamel Kaouane a réagi à cette affaire. Il a déclaré que le quotidien El Fadjr a bénéficié de 76 milliards de centimes en publicité de l'ANEP durant les 8 dernières années, dont 4 milliards durant 7 premiers mois de 2017.

Dans le même temps, a-t-il ajouté, El Fadjr doit 10 milliards de centimes aux imprimeries de l'Etat ainsi que près de 300 millions de centimes représentant 13 ans de loyer à la maison de la presse.

"Nous savons où va l'argent de l'ANEP et on le dit en toute transparence. Mais où va cet argent là? ", a asséné le ministre.

Les membres du comité de soutien au journal El Fadjr a par ailleurs indiqué que, malgré l'arrêt de la grève de la faim de Hadda Hazem, d'autres actions seront menées en faveur de la presse libre.

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