Ce que l'on sait des victimes de la bousculade près d'Essaouira

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BLESSE BOUSCULADE ESSAOUIRA
Ce que l'on sait sur les victimes de la bousculade près d'Essaouira | AIC PRESS
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DRAME - Elles avaient entre 32 et 80 ans. Dimanche 19 novembre au matin, la bousculade survenue lors d'une distribution de denrées alimentaires à Sidi Boulaalam, à 70 kilomètres d'Essaouira, a provoqué la mort de quinze femmes. Dix autres ont été blessées.

Selon le Dr. Khalid Zenjari, directeur régional de Marrakech-Safi, la morgue a reçu les corps de 15 femmes. Parmi les dix blessées, quatre avaient des blessures légères et ont été traitées sur place, à l'hôpital de Tafetachte, indique-t-il au HuffPost Maroc.

Les six autres femmes blessées ont été dans un premier temps rapatriées à l'hôpital provincial Sidi Mohammed Ben Abdellah d'Essaouira. Deux ayant des blessures graves ont ensuite été emmenées par voie aérienne, à bord d'un hélicoptère, au CHU de Marrakech. Une troisième a été emmenée par voie terrestre et les trois autres sont restées sur place.

"Le pronostic vital des blessées n'est pas engagé. Elles sont sous surveillance médicale continue", précise le Dr Zenjari. "Concernant les femmes décédées, le médecin légiste est en train d'établir les rapports d'autopsie pour déterminer les causes exactes de leur mort", ajoute-t-il.

Des mères de familles nombreuses

Lundi matin, le média local Essaouira Alan a publié sur Facebook la liste des quinze victimes, avec leur nom, leur âge et le nombre d'enfants qu'elles avaient. Plusieurs étaient mères de familles nombreuses: parmi elles, 9 avaient entre 3 et 8 enfants.

Selon Mohamed Anaflous, membre de l'Association marocaine des droits de l'Homme (AMDH), basé à Chichaoua, plusieurs femmes provenaient de cette province, notamment de la commune de Sidi El Mokhtar, ainsi que de la région de Safi.

"A Sidi Boulaalam, commune de 8.000 habitants, le taux de pauvreté est de près de 30% et 56% des habitants sont analphabètes, dont 65% de femmes", explique Mohamed Anaflous au HuffPost Maroc. "Ces quelques indices montrent les conditions de pauvreté dans lesquelles vivent ces gens, qui n'ont qu'un faible accès à l'électricité et l'eau potable", déplore-t-il, estimant que les efforts de l'Etat, surtout au niveau du développement humain, "ne sont pas suffisants".

"Une atteinte à la dignité humaine"

Les femmes venaient chercher des paniers de produits de première nécessité distribués par un mécène, l'imam Abdelkebir El Hadidi, qui organise régulièrement des campagnes de dons de denrées alimentaires.

"Le mécène avait prévu de distribuer 100 unités (sacs de farine) et avait prévenu les autorités locales. Mais face au local de l’association où devait avoir lieu l’opération de distribution, il y avait presque mille femmes", explique au HuffPost Maroc Abdeslam Sigouri, secrétaire régional du PJD dans la région. "Elles sont venues de loin pour bénéficier du don, mais leur nombre dépassait de loin celui des unités. C’est la première fois que la région connait une telle tragédie. La douleur a envahi toute la région", décrit-il.

Une tragédie qui impose désormais des mesures. "Il faut absolument cadrer et mieux organiser les opérations de bienfaisance. Ce qui s’est passé porte atteinte à la dignité humaine et ne doit pas se répéter", prévient le secrétaire régional du PJD.

Pour ce dernier, la responsabilité incombe aux élus, mais aussi aux associations de la société civile. "C’est une leçon qui montre bien que les projets de développement n’ont pas abouti aux résultats escomptés. Cela nous interroge sur le rôle des conseils communaux et des associations", estime-t-il.

L'enquête se poursuit

Dimanche soir, une délégation officielle conduite par le wali de la région de Marrakech-Safi, Abdelfettah Lebjioui, s'est rendue à l’hôpital provincial d'Essaouira, pour s’enquérir de l’état de santé des blessées, rapporte l'agence MAP.

Accompagné du gouverneur de la province d’Essaouira, Jamal Makhtatar, le wali a été informé sur les différentes mesures prises par le staff médical de l'établissement hospitalier pour prêter aide et assistance aux blessées et leur prodiguer les différents soins nécessaires, selon la même source.

Une commission de l'Inspection générale de l'administration territoriale, relevant du ministère de l'Intérieur, a également entamé dimanche soir une série de rencontres avec les autorités locales de la province d'Essaouira pour comprendre les circonstances à l'origine du drame, relever les dysfonctionnements et établir les responsabilités, indique un communiqué du ministère.

"L'opinion publique nationale sera informée de toutes les conclusions et les mesures prises à la lumière des résultats des investigations réalisées à ce sujet", conclut le communiqué.

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