Fitch Ratings confirme à nouveau la note de B+ à la Tunisie, mettant à jour ses prévisions et recommandations

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FITCH RATINGS
NEW YORK, UNITED STATES - MAY 21: Fitch Ratings, leading international credit rating institution, is seen on the photo in New York, United States on 21 May, 2014. Leading financial institutions of country are present at Wall Street and they are regarded as not only USA's crucial economic points but also heart of the world economy. They dominate the economic situation of country with their decisions and statement of numbers. (Photo by Cem Ozdel/Anadolu Agency/Getty Images) | Anadolu Agency via Getty Images
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Fitch Ratings a confirmé vendredi 17 novembre la note de la Tunisie à B+ avec perspectives stables, estimant cependant que la dette publique demeure un des principaux handicaps économiques du pays.

Après avoir prévu en mai dernier un taux de croissance de 2,3% pour l'année 2017, l'agence de notation l'ajuste finalement à 2,2%, attribuant ce taux à l'amélioration de la sécurité depuis 2015, ainsi qu'à la reprise progressive du tourisme. Fitch Ratings prévoit un taux de 2,8% en 2018 et de 3% en 2019, mais met en garde toutefois contre une certaine instabilité politique qui pourrait menacer la croissance économique.

Fitch Ratings estime que ce début de rétablissement économique entraînera naturellement une baisse du déficit des institutions publiques, considérant que le projet de loi de Finances 2018 de la Tunisie est conforme aux objectifs fixés en coordination avec le Fonds Monétaire International (FMI), en vue de baisser les dépenses publiques, notamment les recrutements dans la fonction publique. Elle estime cependant, qu'étant donné le bilan médiocre de la Tunisie en matière de réformes fiscales au cours de ces dernières années, la mise en application de ces nouvelles mesures du PLF2018 reste incertaine.

Ceci n'empêchera pas, selon Fitch Ratings, l'augmentation de la dette des institutions publiques, qui passerait de 62% du PIB en 2016 à 76% en 2024, qui constituant ainsi le point culminant de la dette.

Quant au déficit courant, l'agence de notation prévoit un taux de 9% pour cette année, qui passerait à 8% en 2018; une amélioration qui, selon l'agence, serait possible grâce à un meilleur tourisme et une politique budgétaire plus restrictive.

S'agissant des réserves de change de la banque centrale, Fitch Ratings estime que celles-ci devraient s'améliorer et se stabiliser avec le soutien extérieur dont bénéficie la Tunisie (aides financières diverses), en plus des initiatives, certes limitées, de la banque centrale sur le marché des devises, estimant à ce sujet, que la Tunisie reste "fortement dépendante financièrement de la communauté internationale"

Fitch Ratings relève également le problème du secteur bancaire, et des banques publiques plus spécialement, indiquant une mauvaise gestion durant des décennies, avec des créances improductives de 15,1% au deuxième trimestre de l'année 2017.

Malgré l'amélioration des conditions de sécurité depuis les attentats de 2015, l'agence de notation estime cependant que les risques pour la sécurité demeurent élevés et que celle-ci reste vulnérable à cause de la situation en Libye, en plus du retour des combattants tunisiens de Syrie.

Fitch Ratings attribue en plus de la note B+ à la Tunisie, des perspectives stables, ce qui signifie que l'agence de notation ne s'attend pas à des réformes, assez importantes pour être en mesure de conduire à un changement de notation.

Pour Fitch Ratings, une amélioration de la note requerrait une amélioration du climat des affaires, une amélioration de la sécurité, une baisse du ratio "dette / PIB à moyen terme", ou encore une baisse du déficit courant qui rendrait la Tunisie moins dépendante des financements extérieurs.

Cependant, les principaux facteurs qui pourraient mener à une évaluation négative sont les suivants:

  • Une déstabilisation politique du pays (troubles sociaux ou attaques terroristes majeures) qui aura un impact négatif sur la croissance économique.
  • Une baisse des financements extérieurs et ainsi l'aggravation du déficit courant entraînera une augmentation marquée de la dette extérieure nette par rapport au PIB.
  • L'aggravation du déficit budgétaire, par la détérioration de la situation des banques publiques par exemple, entraînera une augmentation de la dette publique par rapport au PIB.

Dans son dernier rapport, Fitch Ratings avait indiqué qu'une amélioration de la notation souveraine du pays reste tributaire de la stabilité politique et sociale mais aussi par la réduction du déficit budgétaire et par l’amélioration structurelle du déficit courant, entraînant une réduction des besoins de financement externe. Dans ce rapport, les recommandations n'ont pratiquement pas changées, si ce n'est un ajustement des prévisions des différents taux et indicateurs économiques, avec une insistance sur certaines réformes devenues vitales.

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