Mort d'Azzedine Alaïa: La petite robe noire "seconde peau", pièce emblématique de ses créations

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PHILIPPE WOJAZER / REUTERS
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CULTURE - Parmi toutes "les petites robes noires" qui ont émergé au 20e siècle, celle d'Azzedine Alaïa se distingue. Plus moderne, plus sexy et plus provocante que les créations de certains de ses contemporains, elle fait aujourd'hui définitivement partie des œuvres emblématiques du couturier.

"Quand je travaille le vêtement, il faut que ça tourne autour du corps, de profil et de dos", disait Azzedine Alaïa. La robe qu'il conçoit en 1970 pour l'actrice française Arletty ne pourrait pas être mieux décrite: longue, noire, et ornée d'une fermeture éclair qui s'enroule sur le corps des épaules jusqu'aux pieds, la "robe Zip" ou "robe Arletty" n'a pas grand-chose à voir avec celle de Coco Chanel, si ce n'est sa couleur.

L'actrice française marquera d'ailleurs durablement les créations d'Alaïa: "Arletty, c'était LA Parisienne, avec sa voix, son style, son intelligence, sa rapidité de pensée. Elle faisait des phrases courtes, mais denses. Inoubliable. Elle ne portait jamais de bijoux, ni d'accessoire, ni de chichi. Elle était vierge de toute décoration. Et cela m'est resté", confiait le couturier au journal suisse Le Temps.

Amoureux des silhouette fines, épurées, moulées dans des vêtements "secondes peau", Azzedine invente aussi le body, le caleçon moulant ou encore les jupes zippées près du corps. Tout est fait pour célébrer le corps de la femme, quitte à en corriger les "défauts": "Il faut toujours faire attention aux points faibles: le ventre, la poitrine, le derrière. Créer une forme qui donne des formes pour celles qui n'en ont pas, remonter tout ça avec des coutures, des fronces", affirmait le couturier en 2013 dans un entretien à L'Express.

Un travail de sculpteur en somme, qui ne doit rien au hasard. Avant d'arriver à Paris, Azzedine Alaïa a justement étudié la sculpture aux Beaux-Art de Tunis. "Je suis sûr que tout vient de là. Mouler sur le corps, c'est comme sculpter", affirmait le couturier en 2013 à Télérama.

Ses robes, à la fois sexy, mais aussi distinguées et sobres, apportent une touche de modernité dans la mode des années 80. "Chez Azzedine, il y a une forme d'austérité. Le glamour, le sexy ne fonctionnent que grâce à l'épure. Sans cela ce serait du déguisement", affirmait d'ailleurs Olivier Saillard, directeur du musée Galliera qui a consacré en 2014 une exposition au couturier.

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