Zimbabwe: le président Mugabe s'accroche au pouvoir

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Philimon Bulawayo / Reuters
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INTERNATIONAL - Le président Mugabe semble déterminé à conserver sa place à la tête du Zimbabwe qu'il dirige depuis 37 ans. L'homme de 93 ans tente de négocier sa reddition avec le chef de l'armée, le général Constantino Chiwenga, qui le presse à démissionner après un coup de force mardi dernier.

Le 6 novembre, le vice-président Emmerson Mnangagwa, vétéran de la lutte pour l'indépendance et proche des militaires, avait été limogé après un bras de fer avec Grace Mugabe, première dame et sa rivale pour la succession à la fonction suprême.

L'armée a alors pris le pouvoir, déclenchant une intervention contre "les criminels" proches de Mugabe et démentant toute tentative de coup d'Etat. "Il ne s'agit pas d'une tentative de renverser le gouvernement", avait assuré le général Sibusiso Moyo.

Elle annonce, ce vendredi, que des discussions sous la houlette de ministres sud-africains sont en cours avec Mugabe qui refuse de quitter la présidence, plongeant le pays dans l'impasse. Des progrès auraient été réalisés mais les militaires ne précisent pas si le président continuera de diriger le Zimbabwe qui connait depuis les années 2000 une crise économique et financière catastrophique.

Les analystes politiques en Afrique du Sud comme au Zimbabwe estiment que le processus de changement politique dans ce pays pourrait prendre du temps compte tenu des complications qui accompagnent ce genre de procédure.

La presse rapporte que l’armée entend mettre en place un gouvernement de transition, regroupant le Zanu-PF au pouvoir et l’opposition conduite par le Mouvement pour le changement démocratique (MDC). Cependant, la mise en place d’un tel gouvernement doit passer par un accord avec le président Mugabe, indiquent les médias.

Certains journaux ont déclaré ce vendredi que des responsables du Zanu-PF entendent entamer une procédure de destitution contre Mugabe, si ce dernier ne renonce pas au pouvoir avant dimanche. Entre-temps, Morgan Tsvangirai, leader de l’opposition, a indiqué qu’il a été approché par l’armée en vue de participer au futur gouvernement de transition. "Nous sommes prêts à participer à ce processus, mais rien n’a été initié jusqu'à présent", a-t-il dit.

Dans un communiqué, l'armée appelle la nation "à rester patiente et pacifique" le temps qu'elle mène son opération.

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