Hariri attendu à Paris: la France extirpe l'Arabie saoudite de son impasse libanaise

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HARIRI
A picture taken with a cell-phone on November 16, 2017, shows French Foreign Minister Jean-Yves Le Drian posing for a photo with Lebanese Prime Minister Saad Hariri in the Saudi capital Riyadh.Hariri met with Le Drian in Riyadh on November 16, the most senior Western official he has met publicly since his shock resignation announcement earlier this month.The meeting came after the French foreign minister said that Hariri had accepted an invitation to visit France for talks with President Emmanue | VALERIE LEROUX via Getty Images
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Le Premier ministre libanais Saad Hariri, qui se trouve en Arabie saoudite depuis qu'il y a annoncé sa démission, est attendu samedi à Paris où il doit s'entretenir avec le président Emmanuel Macron.

Cette annonce faite jeudi par le palais présidentiel de l'Elysée a coïncidé avec une visite à Ryad du chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian, qui a rencontré M. Hariri, 47 ans, dans la capitale saoudienne. Elle est intervenue après un démenti de Ryad sur une éventuelle restriction de la liberté de mouvement de M. Hariri.

La démission surprise annoncée le 4 novembre à Ryad par M. Hariri, qui a notamment accusé l'Iran et son allié chiite libanais, le Hezbollah, de "mainmise" sur le Liban, a fait craindre une escalade des tensions entre l'Arabie saoudite sunnite et l'Iran chiite, les deux puissances régionales rivales.

"L'Elysée confirme la venue en France de Saad Hariri et la rencontre avec le président de la République samedi à l'Elysée", a indiqué à l'AFP la présidence.

La France, qui entretient historiquement des liens très étroits avec le Liban, s'est récemment activée pour trouver une issue à la crise.

Plus tôt jeudi, l'Elysée avait indiqué que M. Hariri "devrait arriver en France dans les prochains jours", à l'invitation de M. Macron.

"M. Hariri a accepté l'invitation du président de la République", a dit M. Le Drian à des journalistes.

'Allégations mensongères'?

Le prince héritier Mohammed ben Salmane, l'homme fort d'Arabie saoudite, qui doit se rendre à Paris début 2018, "en a été informé", a souligné M. Le Drian.

Depuis l'annonce de démission faite par M. Hariri, qui avait aussi dit craindre pour sa vie, informations et rumeurs ont circulé sur une interdiction au Premier ministre libanais de quitter le royaume saoudien après avoir été "contraint" à la démission.

Et mercredi, le président libanais Michel Aoun n'a pas hésité à affirmer qu'il le considérait comme étant "en captivité" à Ryad.

Rejetant ces accusations, le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir a déclaré jeudi que M. Hariri était libre de quitter l'Arabie saoudite "quand il veut".

"Hariri est un citoyen saoudien et un citoyen libanais et en tant que tel, on ne peut pas le retenir, ce sont des allégations mensongères", a dit M. Jubeir, premier responsable saoudien d'un tel rang à clarifier publiquement le statut de M. Hariri.

M. Jubeir a en outre renouvelé les accusations contre le mouvement chiite Hezbollah, rival de M. Hariri mais avec lequel ce dernier avait formé un gouvernement il y a un an.

"Le Hezbollah est une organisation terroriste de première catégorie", a-t-il soutenu, accusant ce mouvement d'avoir "pris en otage l'Etat au Liban, d'y avoir bloqué le processus politique et d'être devenu un instrument aux mains des Gardiens de la révolution" iraniens.

- 'A l'abri des ingérences' -

La démission de M. Hariri a été perçue comme un nouveau bras de fer entre l'Arabie saoudite et l'Iran, qui s'affrontent déjà sur plusieurs dossiers régionaux, notamment les guerres au Yémen et en Syrie.

Lors de la conférence de presse, M. Le Drian -qui a rencontré les dirigeants saoudiens lors d'une visite de 24 heures - a déclaré que le Liban devrait rester "à l'abri des ingérences" étrangères.

Il a abondé dans le sens de l'Arabie saoudite, dénonçant une "tentation hégémonique" de l'Iran et s'inquiétant de son programme de missiles balistiques.

Au Liban, M. Aoun a affirmé qu'il attendrait le retour de M. Hariri de Paris pour discuter de sa démission. Il a estimé que l'acceptation par M. Hariri de l'invitation à se rendre en France était "le début d'une solution".

Pour Amal Saad, professeur de sciences politiques à l'Université libanaise, le voyage de M. Hariri signifie soit l'exil et la fin de sa carrière politique, soit un retour au Liban et des négociations avec le Hezbollah.

"Soit il devra démissionner de toute la vie politique (...)", soit "Paris est juste une escale, et il reviendra à Beyrouth négocier un deal avec le Hezbollah".

Dans un éditorial, le quotidien français Le Figaro relève vendredi que la visite de M. Hariri interviendra "près de trois décennies après l’exfiltration vers la France de Michel Aoun, l’actuel président de la République libanaise".

Le quotidien conservateur note que la venue annoncée de M. Hariri constitue "un joli succès" pour la "nouvelle diplomatie" d’Emmanuel Macron, et aussi "une porte de sortie honorable" pour le prince héritier saoudien dans "cette affaire rocambolesque".

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