Ils ont choisi la vie nomade: À la rencontre de cette famille franco-tunisienne qui a choisi de vivre différemment

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Ma Tribu En Vadrouille: Famille Nomade
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Tout plaquer et vivre une vie de nomade; voyager d'une ville à l'autre, d'un pays à l'autre et d'un continent à l'autre; aller à la rencontre d'autres cultures, profiter des paysages du monde, goûter à différents mets et apprendre de nouvelles langues; peut-on vraiment se libérer d'une vie qu'on a passé des années à construire, et décider un jour de vendre sa maison et sa voiture, de quitter son travail et de partir vers une aventure? Une aventure à durée indéterminée?

Est-ce possible? "Le plus difficile est de se lancer!", témoigne Valérie Sakly.

Valérie, Française, Lamaâ, Franco-Tunisien, et leurs trois enfants ont choisi de vivre hors des sentiers battus. Une vie de nomade, une vie libre et sans emploi du temps, mais surtout, enrichissante.

Depuis trois mois, la famille nomade est de passage en Tunisie, "un retour aux sources", souligne Valérie, qui a bien voulu partager les détails de cette expérience avec le HuffPost Tunisie.

J’ai découvert qu’il était possible de gagner sa vie en travaillant sur le web

Suite à un souci de santé qui a duré un an, Valérie est forcée de quitter son emploi, elle qui travaillait depuis 20 ans dans le milieu de la petite enfance.

"Pour m’occuper, j’allais souvent sur internet, c’est comme ça que j’ai découvert qu’il était possible de gagner sa vie en travaillant sur le web", raconte-t-elle au HuffPost Tunisie, "j’ai aussi découvert l’existence des nomades digitaux. Ce sont souvent des jeunes, célibataires, qui voyagent et travaillent en même temps depuis leur ordinateur".

"Jeunes et célibataires"? Valérie et Lamaâ sont les heureux parents de trois enfants. Le travail sur internet? Ils n'y avaient jamais touché auparavant. Mais ces défis, ils sont plus que prêts à les réussir.

"Je me suis formée seule pour pouvoir débuter une nouvelle carrière: celle de rédactrice web et community manager freelance", raconte Valérie. Quant à Lamaâ, qui a travaillé dans la restauration puis la maçonnerie, il est en train de lancer son e-commerce.

Et comment font les enfants pour étudier? Sara, 13 ans, et Ines, 8 ans, suivent des cours par correspondance sur internet: "Elles ont un ordinateur portable chacune et étudient tous les matins avec des professeurs et des camarades francophones, dans une classe virtuelle", explique la maman nomade. Quant au plus jeune, Nael, il n'a encore que deux ans et demi, la question ne se pose donc pas.

Nous gagnons moins qu’avant et pourtant nous nous en sortons mieux financièrement

Changement de carrières professionnelles, maison, voiture et tous leurs bien matériels vendus, le 1er juillet 2017, les Sakly commencent leur "vadrouille", d'abord en Italie puis, débarquent en Tunisie en septembre.

"Nous avons décidé de rester deux à trois mois dans chaque pays. Cela nous permet de réduire le coût des déplacements et de prendre le temps de travailler et de s’intégrer dans notre ville 'd’accueil' ", explique Valérie.

Plus de maison à entretenir, moins de frais à payer, atteste-t-elle."Nous louons des logements sur la plateforme Airbnb pour une période d’un mois, ce qui nous permet de pouvoir négocier et de payer moins".

Nous sommes libres dans notre vie et dans nos emplois du temps

Une vie de nomade, c'est excitant, c'est libre. Un mode de vie qui a ses avantages, mais qui finalement est "assez routinier", une routine bien particulière.

Voici une journée typique, racontée par la famille nomade:

"Pendant que les filles travaillent avec leurs professeurs le matin, Valérie travaille pour ses clients. Lamaâ s’occupe de Nael pendant ce temps, en l’emmenant se promener le plus souvent. Le midi, on se retrouve tous à table et on se raconte ce que nous avons fait. Ce qui est chouette, car sinon nous sommes tout le temps ensemble!

En début d’après-midi, Nael fait sa sieste. Pendant ce temps, Valérie et Lamaâ travaillent et les filles font leurs devoirs.

En fin d’après-midi, nous sortons souvent pour visiter les alentours, marcher dans la nature ou bien faire des courses. Les weekends sont consacrés aux visites et aux activités (musées, monuments historiques, plages, etc…). Mais parfois, c’est l’inverse! Nous prenons une journée en semaine pour faire les visites et nous travaillons le samedi, par exemple".

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Maintenant que nous avons goûté à la liberté, ça serait difficile de revenir en arrière

La seule raison qui pourrait les faire changer d'avis, "c’est si on voit que l’un de nos enfants le vit vraiment très mal", révèle-t-elle.

Mais pour l'instant, tout est bénéfique pour eux, "Nael mélange plusieurs mots de français, italien et tunisien. Sara est plus sereine et souriante. Inès va plus facilement vers les autres".

C'est tout le but de ce mode de vie qu'ils ont choisi.

"En vivant de cette façon, nous voulons découvrir le monde et nous imprégner de l’ambiance de chaque pays traversé. Nous espérons que les enfants auront plus tard une grande ouverture d’esprit grâce à cela", explique-t-elle, "nous voulons aussi apprendre les langues, goûter des plats inconnus, voir de sublimes paysages, rencontrer des gens, apprendre la géographie et l’histoire de façon réelle et aussi voir les différences scolaires dans les pays".

Il est très facile de vivre une vie de nomade en Tunisie

C'est en Tunisie que Lamaâ et Valérie s'étaient rencontrés il y a 17 ans. "Lamaâ a toute sa famille ici, c'est un retour aux sources pour nous", retrace Valérie.

Leur escale en Tunisie dure depuis trois mois, "Nous avons déjà visité de superbes monuments historiques, tel que le Colisée d’El Jem ou la Mosquée de Kairouan", raconte-t-elle, "Avant de quitter le pays, nous allons partir quelques jours découvrir le sud tunisien. Nous avons hâte de passer une nuit en plein milieu du désert".

Est-il facile de vivre une vie nomade en Tunisie?

"Il est très facile de vivre une vie de nomade en Tunisie! La connexion internet est très bonne (en tout cas à l’endroit où nous avons logé). Les Tunisiens sont d’une extrême gentillesse et sont toujours prêts à aider. Il y a des épiceries partout, on trouve facilement tout ce dont nous avons besoin (...). La seule difficulté a été pour nous déplacer à 5. Les taxis refusent car ils sont limités à 4 personnes. Nous avons donc dû souvent nous séparer en 2 groupes!", dépeint-elle.

"À chaque fois que nous cherchions notre chemin, il y avait toujours des personnes qui venaient nous voir pour nous guider. Nous n’avons jamais été harcelés ni embêtés. Au contraire, nous n’avons rencontré que des sourires et de la gentillesse!"

"Nous nous sommes sentis en sécurité partout!", se réjouit la maman voyageuse, "Depuis les derniers attentats, des portiques de sécurité ont été mis en place à l’entrée des musées et des monuments historiques. Nous avons été surpris la première fois mais nous avons trouvé ça très rassurant".

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