Hirak: quatre détenus auraient repris la grève de la faim après l'interdiction du panier

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HIRAK
Youssef Boudlal / Reuters
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HIRAK- Le 24 octobre dernier, les détenus du Hirak avaient décidé de lever leur grève de la faim après une quarantaine de jours. Cette semaine, quatre d’entre eux, Rabii Al Ablaq, Jawad Sabri, Jamal Mouna et Chakir Makhrout, l’auraient repris au pavillon 6 où ils sont détenus à la prison casablancaise de Oukacha. "Les familles des détenus nous ont transmis cette information. Elles nous ont assuré que les détenus n’ont plus la même nourriture qu’avant l’interdiction du panier et que lorsqu’ils demandent un aliment, ils doivent attendre plusieurs jours pour l’avoir", déclare au HuffPost Maroc Amina Khalid, membre du comité de soutien des familles des détenus du Hirak à Casablanca.

Le mercredi 2 novembre, cette interdiction décidée par la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR), avait suscité une tension auprès des familles venues d’Al Hoceima pour la visite hebdomadaire de leurs proches. L’un des représentants des familles avaient confié alors au HuffPost Maroc que l’administration pénitentiaire n’a pas voulu accorder une quelconque faveur aux familles des détenus du Hirak, mais qu’elle s’est engagée à leur fournir le nécessaire suite à une négociation avec les familles, en présence du représentant du CNDH.

Mais la reprise de la grève de la faim par ces quatre détenus n’exprime pas seulement le refus de cette interdiction du panier, elle dénonce aussi "les traitements portant atteinte à leur dignité au sein des prisons". L’un de leurs avocats, Adessadek Elbouchattaoui, contacté par le HuffPost Maroc indique avoir appris par les familles que certains détenus ont subi de mauvais traitements. "Al Ablaq aurait été mis à l’isolement, d’après sa famille", confie l’avocat, ajoutant qu’un détenu du Hirak à Taourirt aurait été victime de coups et blessures au sein de la prison.

Sur sa page Facebook, l’avocat affirme que des cas de violences ont été dénoncés par les détenus à Casablanca, Taourirt et Al Hoceima. "En tant que membre de la défense, je demande à la direction des prisons de respecter les droits des détenus où qu’ils soient en leur totalité, respecter l’humain et la personne ainsi que leur dignité".

Face à ces accusations, la DGAPR n'a pas tardé à répondre. Par la voie d'un communiqué relayé, ce jeudi, par la MAP, elle dément toute violence ou non respect de la dignité des détenus du Hirak. Elle dit réagir aux propos d'un membre de la défense qui prétend avoir "eu au téléphone un détenu " de la prison de Oukacha. Dénonçant ces accusations en les qualifiant d'"allégations", la DGAPR estime qu'"elles ne servent en rien les intérêts des clients (de l'avocat)". Elle précise qu'elle veille sur la santé des détenus et qu'il n'y a plus de grève de la faim depuis hier, mercredi 15 novembre.

Quant à l'alimentation des détenus, la DGAPR affirme qu'elle offre aux détenus "des repas équilibrés et suffisant au niveau de la quantité et de la qualités et qu'ils sont servis dans un respect rigoureux de l'hygiène". La DGAPR conclut son communiqué en assurant que la direction de la prison "est réactive" aux demandes des détenus et à leur besoins médicaux.

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