Le premier prix de la société civile boudé par les associations marocaines installées à l'étranger

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PRIX SOCIT CIVILE
Mustapha El Khalfi/Facebook
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PRIX - "Les associations travaillent dans l’ombre, c’est à travers elles que nous avons appris, entre autres, l’esprit d’initiative". Le chef du gouvernement, Saad-Eddine El Othmani, n’a pas tari d’éloges envers la société civile nationale, à l’inauguration, hier soir à Rabat, de la cérémonie de remise des prix consacrant l’action associative marocaine. Une première édition qui veut attester la volonté du gouvernement de sortir les associations de "l’ombre". "C’est un événement historique pour le mouvement associatif marocain dans notre pays (…) qui célébrera, l’année prochaine, le 60e anniversaire de la publication des dahirs des libertés publiques, dont celui des associations", a déclaré le ministre chargé des Relations avec le parlement et la société civile, et porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi. Et d’estimer que "la société civile est le maillon central de la démocratie participative".

Ce "maillon" a été à l’origine du lancement de cette initiative du prix en en faisant une de ses recommandations issues des deux dialogues nationaux avec la société civile organisés suite à la nouvelle constitution. Aujourd’hui concrétisé, ce prix, mis en place par un décret publié le 4 mars 2016, représente une reconnaissance non seulement aux projets des associations, mais aussi des personnalités civiles.

232 candidatures

Ainsi, le prix s’est articulé autour de trois catégories d’associations et organisations: locales, nationales et celles des Marocains résidant à l’étranger. Et à ces catégories, s’ajoute le prix de la personnalité. 232 candidatures (159 associations et 73 personnalités) ont été déposées auprès du jury. Le président de ce dernier, Abdelmaksoud Rachdi, a donné, à l’occasion, un aperçu sur son travail, précisant que le nombre d’initiatives a été de 63 appartenant à des associations et 33 à des acteurs civils. Mais le président du jury n’a pas caché son regret de constater que dans la catégorie réservée aux MRE, il n’y a eu qu’une seule candidature. Le prix réservé à cette catégorie a dû être annulé.

Pour les autres catégories, au volet local, c’est l’association "Temsal pour le développement durable" au douar Temsal à Ouarzazate qui a décroché le prix. Grace à son "école modèle" qu’elle a ouverte au sein de Temsal avec des normes de qualité et de proximité, elle a permis aux élèves privés de scolarité par les pluies de la saison hivernale, de poursuivre leur scolarité.

Un deuxième prix dans la même catégorie a été décerné à l’association Oued-Zem pour avoir mis en place un projet de recyclage des décrets domestiques.

A la catégorie des associations et organisations nationales, le premier prix a été décroché par l’association de "développement du monde rural" pour son initiative "programme passerelles du développement et de solidarité". Le second est allé à l’association "SOS villages d’enfants Maroc" pour son initiative "Foyers d’avenir".

Pour ce qui est de la catégorie du prix dédié aux personnalités, c’est Bahija Gouimi, présidente de l’Association des malades atteints de leucémies (AMAL),mais aussi écrivaine et poétesse, qui en a été la lauréate.

Et il n’y a pas que les prix pour témoigner une reconnaissance à la société civile. Avec 16.000 nouvelles associations chaque année, selon Abdelmaksoud Rachdi, il faut assurer à la société civile les conditions nécessaires d’agir.

Plan d'action

"Nous sommes engagés à mettre en œuvre le contenu du programme gouvernemental 2016-2021 qui veille sur l’implication des associations", a affirmé Mustapha El Khalfi. Et d’assurer que les associations seront soutenues notamment au niveau financier. "Le portail des partenariats publics sera développé afin que l’accès au soutien financier public soit équitable et transparent conformément à des normes référentielles claires", a souligné le ministre. Et de préciser que, dans cet élan de développement de la société civile, le cadre législatif relatif à la création d’association sera adapté à la constitution. La réforme de l’arsenal juridique figure d’ailleurs en tête de liste des chantiers que le gouvernement souhaite mener au cours de 2018.

A cette liste s’ajoute la création d’une plateforme numérique ouverte pour la formation et le renforcement des compétences en matière de démocratie participative. Cette plateforme servira à la fois de base de données et d’interactivité sur l’ensemble des sujets et enjeux liés à la démocratie participative. Et pour mieux faire connaitre celle-ci, une stratégie d’information et de communication sera lancée par le gouvernement notamment à travers le lancement du projet d’amélioration du portail "e-participation".

Des réformes dont le point commun reste le but : mieux armer les associations pour les impliquer dans la construction du développement.

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