Des pièces d'or marocaines du XIIe siècle trouvées au pied d'une abbaye en France

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DINARS OR MAROC DECOUVERTE
France: Des pièces d'or marocaines du XIIe siècle trouvées au pied d'une abbaye | Copyright Alexis Grattier
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DÉCOUVERTE - Une équipe de chercheurs français a mis la main sur un véritable trésor médiéval enfoui à l'abbaye de Cluny près de Lyon, en France.

Plus de 2.200 deniers et oboles en argent, majoritairement émis par l’abbaye de Cluny et datant probablement de la première moitié du XIIe siècle, ont été retrouvés dans un sac en tissu dont il reste quelques traces sur les pièces, rapporte le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) dans un communiqué.

Dans ce même sac se trouvait également une bourse en peau renfermant 21 dinars islamiques en or, frappés entre 1121 et 1131 en Espagne et au Maroc, sous le règne d’Ali Ben Youssef (1106-1143), cinquième roi de la dynastie berbère des Almoravides.

La bourse en peau contenait également une chevalière en or, une feuille d’or de 24 grammes repliée dans un étui et une petite pièce en or.

tresor abbaye de cluny

"C'est une trouvaille exceptionnelle pour un lieu monastique et surtout celui de Cluny, qui fut l'une des plus grandes abbayes d'Europe occidentale au Moyen Âge", indique le CNRS, qui souligne que le trésor a été enterré sous un sol près d’un mur de l'abbaye, où il semble être resté caché pendant 850 ans.

Interrogé par l'AFP, le spécialiste des monnaies Vincent Borrel a expliqué la présence de dinars en or en provenance d'Espagne et du Maroc par l'existence de prieurés clunisiens en Espagne à cette époque.

Pour Anne Baud, qui a dirigé la recherche, "les dinars arabes sont une monnaie qui aurait circulé au début du XIIe siècle parce qu'en France on ne frappait pas encore de monnaie en or à l'époque", a-t-elle précisé à France Info.

Selon elle, le possesseur de ce trésor pourrait être "quelqu'un du monde ecclésiastique, quelqu'un de l'abbaye ou un dignitaire religieux. Cela pourrait aussi être un riche bourgeois", indique-t-elle, penchant plutôt pour la première hypothèse. L'inscription "Avete" marquée sur la chevalière serait en effet une "parole de salutation dans un contexte religieux".

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